Mignet. 1. 1 , p
4. Keith, p. 333 , 352 , 359, note d , et 560. 117, Âppend. 130 , append. 131, etc.
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ce complot après avoir fait des progrès si terribles, marchait à pas de géant vers son dénomment final. Tenté plusieurs fois auparavant sous diverses formes, il datait en dernier lieu du bond de Craigmillar, lorsque, sur le refus de la reine de divorcer avec Darnley, ils avaient résolu de tuer le roi. En promeltant à Bothwell la main de la veuve, ils l’avaient poussé en avant. Celui-ci, muni du bond, et persuadé que dès lors il n'avait rien à craindre des suites du crime, prit si peu de précaution pour le commettre, que non-seulement le cri public s’éleva bientôt contre lui, mais que de plus ses complices purent jeter le fardeau sur ses épaules et se préparer ainsi le rôle de justiciers. Ils tinrent Marie Stuart, abattue par la douleur et l’épouvante, dans l'ignorance de la réprobation qui frappait Bothwell, afin qu’elle continuât sa confiance à celui-ci et se compromit sans le savoir aux jeux des masses; ils firent avorter toutes les recherches qu’ordonna la reine, puisqu’elles auraient eu pour effet de manifester leur propre culpabilité. Ils acquittèrent solennellement Bothwell et selon toutes les formes légales, quoique par un procès dérisoire au fond. Ils confirmèrent cette absolution par un vote en parlement. Puis en signant le bond d’Anslie, à la fois sanction du verdict et chaleureuse autorisation d’épooser la reine, ils jetèrentl’aveugle ambitieux sur le chemin du rapt et du mariage. Quand Marie fut prisonnière du ravisseur à Dunbar et à Édimbourg, pas un d’eux n’éleva la voix, ni ne remua seulement le doigt en sa faveur. Ainsi abandonnée de tous, elle passa sous le joug; et en devenant la femme de Bothwell , elle accepta sans le savoir la responsabilité de l’assassinat de Kirk-of-Field et le déshonneur. C’est là que les traîtres artisans de ces trames si vastes et si perfides l’attendaient. Maintenant ils n’avaient plus pour la précipiter du trône , qu'à prendre le prétexte de punir Bothwell et de venger celui qu’ils avaient étoullé de paire et de compagnie, quelques mois auparavant. Les meneurs à ce dernier moment du drame, on les connaît. Uandolph a nommé Kirkaldy de Grange et
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Maitland de Lethington; et face à face, il a instruit leur procès'.
Nous allons les voir à l’œuvre. Après ses deux lettres du 20 et du 24 avril à Bedford, le laird de Grange en avait écrit une troisième le 8 mai. La conspiration est bien claire. — La plupart de ceux de la noblesse qui, dit-il, ont par crainte, pour leur vie, accordé diverses choses également contraires à l'honneur et à la conscience3, se sont réunis à Stirling et ont fait un bond de défense mutuelle en tout ce qui regardera la gloire de Dieu et le bien du pays. Ils se proposent trois objets : 1° la délivrance de la reine hors des mains de Bothwell ; 2° la sûreté du pi ince, afin d’empêcher le meurtrier du père de tuer aussi le fils ; lors du dernier voyage de la reine à Stirling, il a suborné des gens pour empoisonner le prince; 3° lechûtiment des assassins du roi. Les seigneurs, réunis à Stirling sont les comtes d’Argyle, de Morton, d’Athol et de Mar. Ils ont chargé Kirkaldy de solliciter de nouveau l’assistance d'Élisabeth, quoique du Croc leur offre au nom du roi de France les moyens d’anéantir la faction de Bothwell1. Enfin les quatre comtes sont assurés de l’adhésion des comtes de Glencairn, Cassilis, Ëglinton, Montrose, Caitlmess; des
1. Revoir, ch. vui, la lettre de Kandolph à ces deux hommes eu 1670.
2. Allusion vague & la prétendue contrainte eiercée par Botwell au souper d’Anslie; plus tard, seulement, elle se personnifiera dans les deux cents arquebusiers.
3. Mensonge, très-certainement. Du Croc , écrivant à Catherine de Médics , le 18 mai , dépeint son embarras entre les deux partis, embarras ou éridemmeut il ne serait pas s'il s’était décidé en faveur des nobles. La reine l’a prié , dit-il, d’aller les trouver a pour leur parler au nom d u Roy , et veoir si je y pourray faire quelque chose. S’il advient, j'y feray tout ce qu'il me sera possible, et, apprès, le meilleur est de me retirer, et, comme je vous ay mandé, les laisser jouer leur jeu. 11 n’est point séant que je y s.ds au nom du Roy ; car si je favorise la Royne, I on pensera en ce royaume et en Angleterre, que le Roy tient la main à tout ce qui se fait; et si ce n’eust esté le commandement que Voz Majestez me feyrent, je fustparty huit jours devant les nopces.... » (Teuiet , Relut, polit, de la France, t. Il, p. 298). U est clair que ce n’est pas 16 le langage d'un homme qui aurait poursuivi les nobles de ses offres de service. Une autre lettre de du Croc à Charles IX , 17 juin, prouve avec une pleine évidence qu il se tint dans une stricte neutralité. Labanoff, t. VII, p. 121.
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lords Boyd, Ochiltree, Ruthven, Drummond, Gray, Glaimmis, Innermeith, Lindsay, Hume et Herries1; déjà ils prennent leurs mesures. — Ainsi voilà qui est constant.: le 8 mai, c’est-à-dire une semaine avant le mariage de Marie Stuart avec liothwell, et deux jours après que celui-ci l'avait ramenée de Dunbar au château d’Edimbourg, les nobles s’étaient associés pour la délivrer; — et néanmoins, ils venaient de signer le bond d’Anslie, et immédiatement après la translation de la prisonnière à Edimbourg, au moment où Rirkaldy écrivait, un autre bond pour le même objet, d’après le récit trèspeu sûr à la vérité de James Melvil*. Certainement du moins, ils avaient gardé une immobilité absolue et laissé consommer sans obstacle, sans objection, l’union qu’ils avaient recommandée et contre laquelle ils se liguaient par avance. Pourrait-on souhaiter une preuve plus évidente qu’ils avaient tendu un piège àBothwell et décidé l’immolation de la reine? Ne sont-ils pas bien édifiants aussi dans leur ardeur de venger le roi qu’ils ont fait périr? Quant au prince, ne l’ont-ils pas déjà? N’est-il pas à Stirling même où ils se réunissent, et sous la garde exclusive du comte de Mar, l’un des leurs, à qui la mère l’a remis spontanément depuis deux mois? Ces beaux sentiments ne sont que des prétextes, parce que des conspirateurs ne livrent pas crûment au papier et au dehors le secret de leurs vrais desseins. Un drapeau est nécessaire*.
1. Tytler, t. V, p. 407-9; cl Mignet, t. I, p. 315-6. Kirkaldy ne parle pas ici de Maitland de Lelhington , sans doute parce que le secrétaire n'avait pas été du concilialmie de Stirling. Il ne quitta pas la reine dont il partagea en apparence la captivité, du 24 avril au 12 mai. — I,c nom d'Herries, ami de Marie Stuart, nous étonne dans cette liste de Kirkaldy. 11 y a lit quelque légèreté du correspondant de Bedford. Kst-ce par un doute de cette nature que M. Mignet, reproduisant au complet la liste du laird de Grange (t. 1, p. 316", en a retranché le seul Herries. comme au bond d’Anslie? Lord Boyd était si peu de ce complot, qu'il se rangea du côté de la reine,* lors de la prise d’armes.
2. Voy. ch. vm. Il nous paraît évident que Melvil a transposé les faits ici comme à son ordinaire, et qu’il a voulu parler du bond d’Anslie, qui précéda l’enlèvement et qu'il n'a mentionné nulle part ailleurs.
3 Keith cite, p. 394, note d, l’extrait suivantdes Mémoires de Cratcfurd : « Les chefs de la faction étaient Morton, Mar, les lords Hume, Sempill et
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Élisabeth fit un accueil assez sévère aux lettres de Kirkaldy. Ce n’était pas la fille d’Henri VIII qui devait approuver le principe de l’insurrection des sujels contre le prince, même dans les États étrangers. Elle n’était pas sans craindre la contagion du mauvais exemple. Pourtant , elle se sentait trop ferme sur son trône, elle haïssait trop Marie Stuart, elle était trop résolue à se rendre maîtresse en Écosse et à exclure l’inlluence française, pour s’arrêter longtemps devant des scrupules théoriques. Quelques tergiversations la mirent en règle avec les principes; et bientôt ses actions se conformèrent aux intérêts de sa politique et de ses passions. D’ailleurs près d’elle, siégeait un conseiller parfaitement décidé, Cécil, qui jamais n’avait perdu de vue le projet de renverser Marie. Tout récemment Murray en traversant l’Angleterre, l’avait mis au courant des dernières trames1; et le ministre, sans s’inquiéter des hésitations ni des caprices de sa souveraine, certain qu'il était de lui faire partager ses vues en temps utile, marcha droit au but. Il prit sur-le-champ ses dispositions comme sa correspondance en fait foi. Bedford absent alors de Berwick, reçut l’ordre de se rendre à son po«te. « J’apprends par vos dernières lettres, écrivit ce dernier à Cécil le 11 mai, que l’intention de Sa Majesté est que je retourne en hôte dans le nord, afin de soutenir ceux des lords d'Écosse qui sont unis ensemble pour résister h l’entreprise de Bothwell. Je serai à Berwick le plus tôt possible’. » Le
Lindsay, les barons de Tillibardine et de Grange, et le secrétaire Lethington. Mécontents du mariage de la reine et déconcertés, ils travaillèrent secrètement à former une faction avec d'autres, sous prétexte de délivrer la reine et de mettre Bothwell en jugement pour le meurtre dont on le soupçonnait. Mais leur intention était plutôt de s’affranchir eux-mêmes par soulèvement et rébellion, comme on l’entendra ci-après. »
1. Drury écrit à Cécil , le 20 mai 1567, que l’ambassadeur français a informé la reine d’Écosse que son frère, le comte de Murray, qu’elle croyait sur le continent, » était toujours en Angleterre, intriguant avec le Conseil de ce royaume, non pas pour son avantage à elle , et qu’il tenait sur elle des discours très-déplacés dans la bouche d'un sujet, à plus forte raison chez un homme si proche par les liens du sang. » Miss Strickland, t. V , p. 295-6.
2. Chalmers, t. III , p. 55 , note *. Chalmers ajoute que les lettres de
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12 mai, Gécil mandait à Norris, ambassadeur d’Angleterre en France : « la reine d 'Écosse sera, je pense, sollicitée d’épouser Rothwell. Les principaux de la noblesse s’y opposent et ils sont à Stirling avec le Prince1. » Nous apercevons distinctement le jeu double de ces principaux de la noblesse. En Écosse, publiquement ils poussent de leur mieux au mariage. En Angleterre, secrètement ils disent qu’ils y sont contraires, qu’ils vont se soulever; et Cécil ne balance pas à leur promettre son secours. En même temps on écrit A l’ambas-adeur anglais en France, et celui-ci ne manquera pas de le répandre à la cour de Charles IX , que la noblesse écossaise voit de mauvais œil la recherche de Bothwell ; ainsi le consentement de Marie sera une faute personnelle, qu’elle aura voulue envers et contre tous.
A peine le mariage célébré, les conjurés répandirent le bruit que la religion était en danger. C’est alors que Bothwell fit rendre la proclamation du 23 mai, destructive des débris du catholicisme encore subsistants. Le peuple se rassure. Nouvelles calomnies : la reine veut renverser les lois; rejeter les conseils et l’assistance de sa noblesse; mener les choses à son caprice, au mépris de l’antique coutume; elle néglige la santé, la conservation, la sûreté et le gouvernement de son fils. L’annonce d’une expédition dans le Liddisdale, n’est qu’un prétexte pour rassembler des forces et masquer ses desseins, etc. Une seconde proclamation royale, du 1" juin2, dénonça énergiquement ces accusations mensongères et derechef calma les esprits.
Cependant Morton avait quitté Holyrood et s'était retiré à son château d’Aberdour dans le Fifes, qui devait être le point de départ du mouvement insurrectionnel. Robert Melvil, ambassadeur de Marie près d’Élisabeth, pressait cette reine
Cécil, conservées dans la Cabala, sont conçues dans le même sens. Cubain site scrinia sacra est un recueil de lettres des personnages de ce temps.
J. Chalmera, t. III, p. 242, note y.