‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 173 sur 257 · Chalmers, t. lll , p. H · texte numérisé non relu

Chalmers, t. lll , p. H

4 Chalmers, t. III, p. 445 6 Mis» StricUand, t. V, p. 301 . note 3- .Ç-' bond rappelle d’abord l’enl'vement et la captivité de la reinp, les ipoyejis illégitimes que Bothvell employa pour l’amener au mariage. De là, ta réso-

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commandant du chûieau d'Édimbourg étant la condition indispensable du succès. Leihington demeurait toujours au palais pour empêcher les bons conseils de parvenir jusqu’à la reine, ou pour en détiuire les elîets. Cependant Bothwell éclairé peut-être par la haine, eut un jour une querelle violente avec lui et faillit le percer de sa dague. Marie se jeta entre deux. Le lendemain, le secrétaire se réfugia chez son beau frère, le comte d’Alhol, chef de la ligue de Stirling.

La reine ignorait le complot qui gagnait autour d’elle, comme elle avait ignoré les complots précédents. Il est inconcevable qu’avec de l'esprit, elle eût si peu de pénétration ; après des leçons si terribles, si peu d’expérience; et qu’elle ait toujours été prise au dépourvu par les hommes, qui avaient fait de ses six années de gouvernement, six années de martyre. Comment concilier cette placide ignorance du mal et du péril, avec le haïssable talent de criminelle consommée qu’on lui prête? Se peut-il que celle qui aurait trompé Darnley avec un art si profond, pour l’amener au lieu où il devait être assassiné; qui aurait manié ensuite avec tant de dextérité une situation compliquée, pour procurer l’acquittement de Bothwell et leur mariage projeté de si loin, se peut-il qu’avec une telle connaissance des affaires et de leurs ressorts les plus secrets, avec tant de hardiesse et de calcul, elle ne sût en aucun temps, rien voir, rien deviner, rien prévenir des menées de ses ennemis? Un criminel est soupçonneux, sans cesse en quête des dangers qu’il croit courir, ayant la conscience de les avoir provoqués. Marie Stuart est aveugle, imperturbable dans sa bonne opinion d’autrui.

A défaut de sa prudence, la réunion de Stirling aurait éveillé,- assure-t-on, sa verve caustique. Elle aurait dit qu’Athol n’était qu’un homme faible; qu’elle saurait trouver

lution de la noblesse de délivrer la reine de la servitude, de sauvegarder la liberté publique, les privilèges de la noblesse; enfin la promesse de Balfour de les aider dans leurs entreprises décidées ou à décider. — C'est dans ces derniers mois qu’il faut chercher leurs intentions; le reste n’est qu’uu simulacre.

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le moyen de fermer la bouche à Argyle; et que Morton qui venait à peine d’ôter ses boites toutes souillées de la poussière delà route, serait renvoyé d'où il venait1. Eût-elle parlé de la sorte, le crime serait mince. Du moins aurait-il été juste à Tytler de compléter la citation et d’ajouter qu’elle exceptait le comte d* Mar « Quant au comte de Mar, aurait-elle continué, j’attends de lui une ferme amitié; il m’a assuré qu'il sera des miens lidèlement et toujours*. » La voilà bien cette pauvre reine incorrigible. Impossible à elle de pressentir la trahison. Drury dans la même lettre, entretient Cécil du mauvais état persistant de la santé de la reine. Elle tombait dans des évanouissements fréquents et prolongés.

Parmi ces tortures physiques et morales, quoi de plus naturel que son cœur se tournât vers son fils, et qu’elle souhaitât le revoir?

Elle informa le comte de Mar qu’elle projetait un voyage à Stirling. Il lui répondit qu’il ne s’y prêterait qu’aulant qu’elle ne serait pas accompagnée de [>lus de douze personnes. Cette précaution, concevable au reste puisque Marie dépendait alors de Bothwell, empêcha la mère de donner suite à son désir*. Peut-être Bothwell ne l’aurait-il pas permis. Est-ce là ce qui serait devenu dans les mémoires de James Melvil, la sommation du duc des Orcades au comte de Mar d'avoir à lui remettre l’enfant; la réplique du comte qu'alors il fallait qu’on plaçât le prince dans la citadelle d'Edimbourg, sous la garde d’un homme sûr4? Cet échange de défis vient

t. Mignet, t. I , p. 310, d’après Tytler, et une lettre de Drury àCécl. 20 mai Iô67.

2. Miss Strickland , t. V, p. 299. Une circonstance propre à nous meltre en garde contre les plaisanteries que Marie aurait décochées à l’adresse des seigneurs, c’est qu’à ce moment même elle cherchait & les ramener près d’elle. Elle les avait priés de s’a-semhler quelque part où du Croc ira t les trouver : « S'il advient, j’y feray tout ce qu’il me sera possible » écrit du Croc à Catherine de Médicis, le 18 mai lô67.Teulet, Relations politiques de la France et de VEspaqne arec l'Écosse , t. Il , p. 297-8. C’est lord Boyd qu’elle avait envoyé à Stirling pour ces premiers pourparlers. Miss Slrickland, t. V, p. 298.

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