Anderson, t. I, p
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divorce, de sorte que procès et jugement furent commencés, finis, et arrêt rendu en deux jours, ce qui confirme les informations données auxdits lords et nobles sur ledit comte de Bothwell1; attendu, que peu satisfait d'avoir assassiné cruellement notre dit souverain, le roi Henri Stuart, d’avoir enlevé, emprisonné, entraîné Sa Majesté la reine à un mariage illégal, et de la tenir aujourd'hui en captivité, il rassemble maintenant à la connaissance des lords et de la noblesse, des hommes auxquels il cherche à persuader de l’assister; qu’il ne peut pas se proposer d’autre but que de commettre sur le lils le même meurtre que sur le père, crime auquel lesdits lords et nobles s’opposeront de toutes leurs forces, aussi bien qu’ils travailleront à délivrer ia reine de son misérable esclavage: pour ces motifs, ordonnent.... » Suivait la sommation à tout Écossais de se tenir prêt dans les trois heures après l’avertissement, à marcher avec les lords pour délivrer la reine de captivité et de prison, demander compte à Bothwell et à ses complices du meurtre du roi, du rapt et de la détention de la reine, et mettre ordre à la perverse entreprise que l’on savait qu’il méditait contre le prince. Quant aux complices et partisans du comte, et ceux qui ne voudraient pas assister les lords, il leur était enjoint de vider Edimbourg dans les quatre heures, sous peine de châtiment de corps et de biens.
Cette pièce est remarquable à plus d’un titre. D’abord, ils n’articulent rien contre Marie Stuart. Ils constatent seulement la violence qu’elle a subie. Les mots de prison, de servitude, d’esclavage sont les seuls qu’ils emploient pour caractériser sa situation vis-à-vis Bothwell. Nous savons que dès latin d’avril, leur plan, bien loin de délivrer Marie était de la détrôner, et que leurs lettres et sollicitations à Cécil, l’enveloppaient dans les crimes passés et à venir de Bothwell.
1. L’argument n’est pas des plus probants. Le aèle entratne aussi trop loin les lords, quand ils disent que le procès en divorce ne dura que deux jours. Il dura du 27 avril au 7 mai.
CHUTE DE MARIE STUART
Ici les apparences de loyauté chevaleresque de leurs déclarations, outre qu’elles leur fournissaient un masque indispensable, devaient amener sous leurs drapeaux de nombreuses recrues enlevées à la cause de la reine, et jeter de l’hésitation chez les défenseurs de Marie Stuart. Un autre point à noter, c’est leur incroyable assurance. Qu’assassins de Darnley, et plus encore que Bothwell (car ils avaient tramé plusieurs eomplols pour le tuer, et Bothwell n’avait été que du dernier), ils s’érigeassent ainsi en vengeurs de leur victime, de bonne mémoire, c’était sans doute une monstruosité morale ; cependant le public n’étant pas au courant des circonstances secrètes, ils pouvaient se flatter de l’abuser. Mais après l’acquittement du comte par eux-mémes, après le bond d’Anslie, après leur immobilité tant que la reine n’étant pas mariée, il eût été possible et facile de la délivrer, flétrir à grands cris l’impunité de Bothwell, son divorce, le rapt, qualifier de déshonorant le mariage qu'ils avaient recommandé par écrit si fortement, n'était-ce pas le comble de l’efFronterie? Aussi, quoi qu’on en dise, les bourgeois d’Edimbourg furent-ils insensibles à leur éloquence. Si la cité leur vota deux cents arquebusiers, on sait que dans de pareilles circonstances, il suffit de la hardiesse du magistrat principal, comme était le prévôt. Quant à la population, elle resta, de l’aveu de Buchanan, tellement froide que les libérateurs se trouvèrent très-embarrassés1. Knox dit même qu’ils pensaient à se séparer et qu’ils auraient abandonné leur entreprise, si Marie Stuart et Bothwell avaient eu la patience de rester trois ou quatre jours à Dunbar*. Par malheur, Bothwell n’était pas plus capable de conduire une campagne militaire que les affaires politiques.
A la nouvelle de l’entrée des lords à Edimbourg, Marie Stuart et Bothwell avaient appelé près d’eux les vassaux de la couronne. Ceux-ci affluèrent des comtés de Lothian et de