‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 201 sur 257 · Tytler, 1. V, p. A38 , édition · texte numérisé non relu

Tytler, 1. V, p. A38 , édition

2, Lettre du l" juillet 1567, Tytler, t. V, p. 438-440, éditiOD 1845. — Miss Strickland, t. V, p. 349 et suiv.

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« Présentement, les lords n’ont besoin que d’argent; rar ils ont enrôlé des gens de guerre, et ils vont en appeler encore. On croit que les Hamiltons sont soutenus par les fonds de la reine (Marie), et que la France leur procurera des ressources, parce qu’elle n’a plus l’espérance de s’attacher ceux des nobles qui sont de notre côté. Voilà pourquoi il est absolument indispensable, qu’il nous vienne au plus tôt de l’argent de la reine votre souveraine, par la voie de sir Nicolas Throckmorlon, ou de quelque oflicier des frontières; les exigences auxquelles ils auront à faire face, devant se présenter dans huit ou dix jours, circonstance dont je crois utile d’avertir Votre Honneur. Comment se fera mon voyage auprès de la reine (à Lochleven), c’est ce qui n’est pas encore réglé, à cause de l’absence du plus grand nombre des lords. » Melvil ajoute que Lethington, accablé d’alfaires, est heureux d’apprendre la sollicitude que Cécil apporte à ce que tout se fasse « avec justice et modération. Et afin que la reine votre souveraine ait sujet d’étre contente de l’entretien que vous avez eu avec moi, il fait grand cas de vos conseils sur différents points * : le mieux est toujours de poursuivre l'affaire dont nous sommes convenus d’abord et d’aller jusqu’au bout. Vous serez averti de tout en diligence. Pour le reste, reportez-vous à la lettre de milord de Lethington ; lui, de son côté, se repose sur le soin qu’il espère toujours que Votre Honneur prendra d’avancer leur honorable entreprise. Quant aux lords, ils s’entendront avec votre ambassadeur pour la garde du prince ; et d’après le désir de Son Altesse , ils le remettront entre les mains de Sa Majesté, si par la suite, ils jugent possible de l’envoyer au dehors ».

Lethington trouva le même jour quelques moments pour son ami, lord Cécil: * Je vois, lui écrivit-il, d’après mes conversations avec M. Melvil depuis son retour, que vous continuez et votre constante amitié envers moi en particulier,

1. Tytler conjecture avec vraisemblance qu’il s'agit de quoique moyen do forcer Marie Stuart à l'abdication.

CHUTE DE MARIE STUART

et votre appui dans cette commune querelle qu’ont entreprise bon nombre de nos nobles, afin de recouvrer l’honneur presque perdu de ce pays, depuis le meurtre honteux qu’on y a commis et qui n’est pas encore vengé. Je loue Dieu de vos bonnes dispositions et je vous en remercie du fond du cœur. Je juge aussi par ses rapports, que Sa Majesté la reine votre maîtresse incline très-gracieusement (is most genlly inclined ) à reconnaître la justice de notre cause, et à l’avancer par sa protection; de quoi, je suis bien sûr, qu’elle n’aura jamais à se repentir. Car,, outre que la chose en elle-même est pieuse et digne de l’approbation de tous les princes chrétiens, j’ai la confiance que dans l’avenir. Sa Majesté ne trouvera jamais les nobles d’ici oublieux du secours qu’ils auront reçu d’elle pour aider à nos aff tires* .... S'il nous vient quelqu’un de la part de Sa Majesté, on lui en dira davantage et sur cette matière, et sur toutes les questions susceptibles de contenter votre souveraine2. Quant à notre cause je la crois, grâce à Dieu, bien en sûreté; nous ne craignons aucun parti dans ce royaume, à moins qu’il ne soit soutenu des deniers de la reine (Marie Stuart), ou de l’argent étranger. Afin d'y parer, nous avons levé plusieurs compagnies d’arquebusiers en contribuant tous; mais les entretenir sera la grande difficulté. » Lethington finit en affirmant que si Élisabeth leur accorde quelque argent, il ne met pas en doute que leur partie ne soit gagnée. Une somme moindre envoyée tout de suite, serait infiniment plus utile qu’une grosse somme qui se ferait attendre*.

Quelles preuves surabondantes des étroites relations des lords confédérés avec Élisabeth et Cécil, de leur communauté de plans, de leur entente de vieille date. O profondeur et politique risible delà cour de France, qui abandonne Marie Stuart à ses geôliers, de peur que ceux-ci n’aient recours

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