Chalmers, t. III, p. 56G, note x
2. Allusion au désir d'Êdsabelh qu'on lui remit le jeune prince.
3. Miss Slrickland, t. V, p. 351-2, d'après les Slmrntnn’s Hlustralions.
CHUTE DE MARIE STUART
aux Anglais, et qu’alors le royaume d’Écosse cesse d’être à la dévotion de Charles IX 1
Après s’être complu dans sa trahison , Robert Melvil se rendit à Lochleven, où il ne fut admis à voir la reine qu’en présence de Ruthven, Lindsay et William Douglas. Marie se plaignit amèrement qu’on l’empêchât de s’entretenir en particulier avec son serviteur*. Melvil lui fit une seconde visite, cette fois sans témoins. On espérait peutêtre quelque épanchement, qu’il serait ensuite possible de retourner contre elle. Mais elle se contenta de demander des vêtements dont ses indignes persécuteurs la laissaient manquer, elle et ses dames. Robert lui remit seulement alors la lettre d’Elisabeth, laconique et insultante pour la prisonnière, gracieuse pour le messager, qu’elle qualifiait de fidèle serviteur de Marie*.
Celui-ci n’avait été en Ecosse que le précurseur d’un personnage plus imposant, sir Nicolas Throckmorton , un des ministres d’Élisabeth. Throckmorton , revêtu de pouvoirs solennels à la date du 30 juin 1567 , emportait des instructions de deux sortes, relatives à la reine d’Êcosse, et aux lords. Quant à la reine d’Écosse*, il devait«e rendre près d’elle, et lui exprimer le chagrin qu’avaient causé à la reine d’Angleterre, l’assassinat impuni de Darnley , la protection dont elle avait couvert Bothwell et ses complices, le divorce de celui-ci avec sa femme, et, « reproche dont elle ne se laverait jamais, la soudaineté, l’empressement et la précipitation avec lesquels elle avait pris pour époux un homme déshonoré. » Dès lors, Élisabeth percée jusqu’au fond du cœur, avait pris la résolution de ne plus se mêler de ses affaires, puisqu’à en juger par ses actions, la reine sa cousine avait pour toujours fait litière de son honneur. Mais les derniers événements , l’arrestation et l’emprisonnement d’une
I. Lettre de Melvil à Cécil , 8 juillet 1567. Voy. miss. Striclcland, t. V, p. 352.
* 2. Miss Strickland. t. V, p. 352-3.