‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 208 sur 257 · Keith, p · texte numérisé non relu

Keith, p

GflUTE DE MARIE STUART.

toutes les preuves dont il leur serait possible de la charger. « Quant au gouvernement, le prince une fois couronné, leur plan était de l’exercer en conseil sous son nom , et de ne pas permettre que la reine sortît de leurs mains et se retirât soit en Angleterre, soit en France. « 11 est à craindre, continuait l’ambassadeur, que les lords, quand ils auront été jusqu’à s’attaquer à l’honneur et à la dignité de leur souveraine, n’en viennent à croire que leur sûreté ne soit compromise aussi longtemps qu’elle vivra ; et qu’après l’avoir privée de son royaume, ils ne la privent encore de la vie 1 ». Tel est le commentaire que suggèrent à Throckmorton les réserves de l.ethington sur les nécessités de la cause, et la réplique cauteleuse du bénin secrétaire.

Les lords ont dit, et l’écho a répété d’après eux, que l’obstination de Marie Stuart à lier son sort avec celui de Bothwell les alarmant et les irritant à la fois, ils recoururent à la déposition, comme une ressource extrême et indispensable pour mettre la reine dans l’impossibilité future de leur nuire. Mais prévoyaient-ils cette obstination en 1561, quand ils lui préparaient déjà la captivité en Angleterre? en 1565, quand ils lui destinaient déjà Lochleven comme prison ?en 1566, quand ils comptaient prendre sa vie avec celle de Riccio, et à tout le moins son trône? Nous y revenons trop souvent peut-être à ce passé ; mais n’est-ce pas aussi qu’on l’a trop oublié? La révolution de 1567 n’est pas un fait isolé et spontané dans l’histoire de ce règne, une explosion vengeresse; elle est la consommation d’une trame aristocratique, ourdie dès le principe contre une douce jeune femme, sans autre motif que l'ambition perfide et implacable des conjurés. Lorsqu’en juin 1567, le traître Robert Melvil, encore en Angleterre, proposait de détrôner sa maîtresse*, était-ce à cause du refus de Marie de séparer son sort de celui de Bothwell? Sa lettre du 1" juillet à Gécil , où il dit qu’il faut continuer

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