Miss Strickland , Inc. cit
3. Élisabeth à Throckmorton, 27 juillet 1567, Keith, p. 428-430.
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motifs : «Vous leur déclarerez nettement que s’ils en viennent à dépouiller la reine, leur souveraine légitime , de sa royale dignité, nous savons bien ofi nous en viendrons, nous; et nous avons de justes et sûrs motifs de croire que les autres princes de la chrétienté penseront de même; nous prendrons ouvertement parti contre eux, et nous vengerons leur souveraine, de manière qu’ils servent d’exemple à la postérité. • Ensuite elle soutenait que tii l’Écriture, ni les lois ne donnaient aux sujets le droit de juridiction sur le prince. Elle rappelait les services qu’elle leur avait rendus en divers temps, surtout à Morton; et A propos des demandes d’argent dont ils la poursuivaient, elle déclarait qu’elle ne voulait prendre aucune part à des choses que sa conscience réprouvait.
A la virilité extraordinaire de la plume, Élisabeth aurait dû allier ici la virilité de l’action. Une rapide incursion des troupes anglaises de Berwick, combinée avec les lords d’Hamilton, et la question était tranchée. Ees confédérés, qui n’ignoraient pas ce que pesait la main d’Elisabeth, se seraient gardés assurément, malgré leurs forfanteries, de toute violence extrême envers Marie Stuart. La reine d’Angleterre sut bien se décider six ans plus tard à entrer en Écosse : à la vérité contre les amis de Marie. En 1567, blessée comme reine, et humiliée d’être jouée évidemment par les lords, elle exhala son dépit, mais n’alla pas plus loin, parce qu’elle ne pouvait pas donner de marques de courroux plus effectives, sans préserver le trône de sa cousine. Les rebelles le savaient bien : mieux qu'elle, ils savaient ce qu'elle ferait et ne ferait pas.
Ils annoncèrent que le couronnement du prince aurait lieu à Stirling, le 29 juillet, choisissant avec intention sans doute le deuxième anniversaire du mariage solennel de Marie Stuart et de Darnley. James Melvil alla, de leur part, inviter les nobles d’Hamilton à concourir avec eux à l’accomplissement des ordres de la reine. Les plus jeunes des opposants lui répondirent qu’ils ne croyaient pas que la reine eût lésigné le gouvernement; l’avait-elle fait, ce ne pouvait être que pour sauver sa vie. et bon pas volontairement. Mais l’ar-
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chevêque de Saint-André voulut être politique. 11 répondit à Melvil : « Nous sommes obligés aux lords qui vous ont envoyé avec cette commission amicale et sage. D’après leur désir, nous sommes prêts à leur apporter notre concours, s’ils nous donnent des sûretés suflisantes de ce que vous nous avez dit en leur nom. Par là ils nous donneront sujet d’interpréter au mieux leurs actions passées et à venir. S’ils nous avaient informés de leur première entreprise pour punir le meurtre, nous nous serions joints à eux cordialement. Si nous nous sommes rassemblés ici, ce n’est pas atin de poursuivre ou d’attaquer aucun d’eux, mais pour nous mettre sur nos gardes, à cause de ce grand concours de nobles, de barons, de bourgeois et autres. N’étant pas au courant de leur entreprise, nous avons jugé à propos de nous réunir pour voir quel tour les choses prendraient. »
Ce langage décèlerait assez clairement l’égoïsme des Hamilton3. Mais nous persistons à douter qu’ils aient fait aux lords confédérés les ouvertures atroces que le laird de Tullibardine et Lethington contièrent à l'ambassadeur anglais*. L'n indice que l’on ne comptait guère sur eux pour la spoliation de la reine, c’est que James Melvil, à son retour dé ce voyage, vit la véracité de son rapport contestée par des gens de son propre parti; il se plaint qu’on l’accusa d'avoir supposé le langage de l’archevêque. besHamiltons se contentèrent d’envoyer à Stirling Arthur HarniltondeMureton, avec mission de réserver, par une protestation solennelle, les droits
I. Il est juste de rapporter que dans la déclaration de trente-cinq comtes, lords, évêques et abbés de ce parti, faite à Dunbarton , Je 12 septembre 1568, ils expliquent leur inaction , parce que la faction adverse tenait toutes les ressources militaires du royaume, « et dans le cas où les nobles, partisans de Sa Majesté, auraient levé une armée pour la délivrer, on les avait menacés, et l’on s’était vanté, qu’on leur enverrait sa tête.... Pour sauver la vie de Son Altesse, ses partisans renoncèrent à prendre les armes contre eux et maintinrent le pays dans une sorte de tranquillité ; mais ce ne fut pas sans une grande douleur.... » (Goodail , Append. p. 35b). — Nous ne croyons pas que Morton eût osé répondre par l'assassinat de Marie Slbari à une intervention anglaise; il en aurait été capable, s’il n'avait eu devant lui que les Hamiltons.
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reconnus du duc de Châtelleraut et de sa maison à la succession évenluelle. Le mêmejour1 (29 juillet), les cinq comtesde Morton, d’Athol, de Glencairn, de Mar et de Menteith, huit lords, dont lord Home, Lindsay, Rulhven,Sempill,OchiItree, un seul évéque, Adam évêque des Orcades, le même qui avait marié Marie Stuart à Bothweli, Tullibardine, Lethington, un certain nombre d’abbés commendataires (sécularisés, bien entendu), et les maires ou commissaires de quelques villes, en tout trente-quatre personnages, se rendirent processionnellement à l'église haute de Stirling. Athol portait la couronne, Morton le sceptre, Glencairn l’épée ; le comte de Mar tenait dans ses bras l’enfant de treize mois qui détrônait sa mère. Après qu’on eut invoqué le Tout-Puissant, Lindsay et Ruthven s’avancèrent dans l’assemblée et déclarèrent que la reine leur avait, par lettres signées de sa main et sous son sceau privé, donné mission d’annoncer qu’elle résignait la couronne et le royaume en faveur de son fils. Ils affirmèrent nccc serinent devant Dieu et la congrégation qu’en abdiquant elle avait agi volontairement et sans contrainte’. On fit lecture des trois actes arrachés par la force à la captive de Lochleven. Alors, ici nous traduisons le procès-verbal que les lords dressèrent eux-mêmes, « les comtes de Morton, d’A-
1. Nous suivons le procès-verbal du couronnement, consigné dans le registre du Conseil privé, et reproduit par Keith, p. 437-9.
7. Miss Slrickland , t. VI, p. 7-3 , d’après une lettre de Throckmorton à Elisabeth, 31 juillet 1567. Voy. aussi Chalmers. t. t, p. 389; Tytler, t. V, p. 454, édit. 1845. — Le procès-verbal du Conseil privé que nous suivons, met en scène Ruthven avec Lindsay , quoiqu'il soit certain que Ruthven n’était pas k Lochleven lors de l'abdication de Marie. — Ce mensonge monstrueux de la résignation spontanée de 1a reine, Murray. Morton, Lindsay, le répéteront avec la même audace, le 10 octobre 1508, en Angleterre, à York. Après avoir raconté, à leur manière, qu’épuisée et dégoûtée du gouvernement, elle ne voulut pas en porter le faix plus longtemps; qu’elle abdiqua en faveur de son fils, et pourvut à la régence par actes signés de sa main, et sous sou sceau privé (ils se garderont bien de dire quand et comment le sceau privé fut apposé), ils ajouteront: s Et cela volontairement, sans qu'on ait employé ni contrainte ni violence, ni force pour la porter à cette résolution » (Goodall , Append. p. 146). Comment peut-on placer la justice et la vérité chez un parti qui ne procède qu’A coups de faussetés?
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thol, de Glencairn, de Mar, de Menteith, le maître de Graham, lord Hume, l’évêque des Orcades, au nom des trois états présentement réunis et assemblés, conformément à l’injonction et teneur de la première commission (l’acte d’abdication de Marie), reçurent la renonciation et abdication en faveur dudit très-excellent prince. » Morton prêta pour le . jeune prince le serment, par lequel il s’engageait sur l’Évangile à remplir scrupuleusement les devoirs royaux, en particulier à maintenir la religion de Jésus-Christ telle qu elle avait été reçue en Écosse, et à extirper l’hérésie, c’est-à-dire le catholicisme.
« Après ce serment solennel, » nous continuons le procèsverbal, « les lords de la noblesse, de l’église, et les commissaires des villes, à titre d’états du royaume, parle ministère du révérend père Adam , évêque des Orcades, oignirent le très-excellent prince en qualité de roi de ce royaume, investirent et inaugurèrent Sa Grâce, placèrent dans ses mains l’épée et le sceptre, mirent la couronne royale sur sa tête, avec tous les respects, cérémonies et formalités requises et usitées. » Ce langage est curieux; ce sont eux qui oignent Jacques VI, qui lui donnent l’investiture, c’est-à-dire que, renversant hardiment toutes les idées de l’époque, ils confèrent la royauté comme une délégation. Cela pourtant ne les empêcha pas de prêter foi et hommage au jeune souverain qu'ils venaient de créer.
Knox s’était opposé avec force, mais en vain, à la cérémonie du sacre, qu’il flétrissait de superstition judaïque. Il fit le sermon du couronnement et prit pour texte dans le II* livre des Rois l’avénement de Joas et la mort d’Athalie. Pendant qu’il lançait ses foudres contre la pauvre mère, l’enfant s’endormit d’un profond sommeil ; et enfin, le comte de Mar le rendit à son berceau.
Ne quittons pas cette étrange fête sans en prendre encore une fois les héros en flagrant délit de faux et de mensonge. Ils écrivent dans leur relation de la cérémonie que les comtes de Morton, d’Athol.... au nom tes états présentement réunis et assem-
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blés, conformément à l’injonction et à la teneur de la première commission, reçurent la renonciation, etc... — Or l’acte d'abdication ne parle pas des états du royaume ni de leur convocation. Ruthven et Lindsay reçoivent mission de se présenter devant ceux de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie et autres habitants du royaume, en aussi grand nombre qu’on en pourra réunir pour cet objet à Stirling ou ailleurs; et là, de renoncer au nom de la reine, etc. «Semblablement par les présentes, y est-il dit, nous donnons, contions et déléguons notre plein, libre et entier pouvoir à nos très-fidèles cousins, James comte de Morton, John comte d’Athol, John comte de Mar, Alexandre comte de Glencairn, William comte de Menteith, John maître de Graham, Alexandre lord Hume, Adam, évêque des Orcades, les maires de Dundee et de Montrose, ou tel d’entre eux. pour recevoir ladite renonciation et résignation en faveur de notre dit fils, et pour, en la recevant, l’instituer, le placer, l’inaugurer dans le royaume, etc... et en son nom faire et prêter devant lesdits de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie et autres sujets , le serment royal, etc.. 1 2 ». On voit la supercherie. Les rédacteurs de l’acte de résignation y ont glissé la mention de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie; et subrepticement dans leur procès-verbal du couronnement cela devient les trois états du royaume, convoqués par l’ordre exprès de la reine. Les trois états du royaume 1 Mais, d’après leur propre énumération, ces représentants prétendus des trois ordres n’étaient que trente-quatre, dont cinq comtes, huit lords, un seul évêque, lorsqu’il y a^ait dans le royaume plus de cent membres de la noblesse et de l'église ayant voix au parlement1,