Keith, p
2. Keith (p. 43'J) relève la fraude des lords. Goodall, Append. p. 167. Le procès-verbal nomme cinq comtes. Mais ici encore il pourrait s'élre trompé et avoir inscrit de trop le comte de Menteith. Le Diumal of o ccurrenls, chronique si précise, n’indique comme présents ait couronnement que Morton, Athol, Mar, Glencairn, les lords Hume, Lindsay, Ruthven, Sanquhair, et, ajoute-t-il, certains autres petits barons.... et ce furent là tous les nobles qui assistèient au couronnement ou y adhérèrent, une fort petite minorité du corps de la noblesse » (miss Strickland, t. VI, p. 4, note 4). Avec cette affirmation formelle concorde la déclaration des commissaires de
CHUTE DE MARIE STUART
sans compter les représentants. Les étals 1 Mais ils ne furent pas convoqués dans cette circonstance. L’histoire d’Écosse ne connaît pas d'assemblée d’états ?» la fin de juillet 1567. 11 n’y a qu’un mensonge de plus chez les ennemis de Marie Stuart. Iæs états! Mais la reine, tombée dans le piège de Carberry-Hill le 15 juin, ne les avait-elle pas réclamés pour juger entre elle et ses geôliers? N’était-ce pas devant le tribunal de la nation qu’elle demandait que sa cause fût portée? Les grands n’avaient eu garde d'affronter un tel procès. Et quand ils les ont refusés, ils n’hésitent pas à se vanter qu’ils possédaient leur présence et leur approbation le 29 juillet! Ils l’inscrivent triomphalement dans leurs fastes. Ne nous en plaignons pas. Aurait-il fallu tant mentir pour soutenir la vérité? Et l’impossibilité continue où ils sont d’articuler un fait, une accusation qui ne soit pas un mensonge, n’est-elle pas la confirmation éclatante de l’innocence de leur victime !
Pendant ce temps, Marie Stuart était sérieusement malade de la fièvre que les atroces violences de Lochleven avaient allumée dans ses veines. Aussitôt après le couronnement, Lindsay, revenu en hâte au sinistre château, redoubla de rigueur. Il la resserra plus étroitement que jamais, et la confina dans une tour, ne laissant approcher d'elle que ses compagnes de captivité1. Et toujours le fantôme d’une fin tragique devant les yeux. « Je crois bien, écrivaitThrockmorton à Leicester (31 juillet), que j’ai préservé sa vie pour un temps; mais pour combien de temps, je l’ignore ». — Emu de pitié, il continuait : « Il ne serait pas à propos que j’eusse maintenant une entrevue avec cette reine; car mes paroles seraient moins pour la consoler que pour la chagriner, avec mes instructions qui sont trop sévères si l’on considère son malheur et l’épreuve où elle a été mise; et d’autre part, des paroles sans effet ne sont pas des consolations*. Je lui ai suftisam-
Marie Sluarl à York , 16 octobre 1568, qu’il n’y avait que quatre comtes (Goo lall, Append. p. 168).
1. Throckmorlim à Élisabeth, 31 juillet 1567 ; à Ce'cil, 2aotll 1567. — Miss Strickland. t. VI, p. 5-6.
2. Following my insintctions, ttHiich werc to baril cpnsiileruig hcr ca-
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ment fait savoir que Sa Majesté la reine Élisabeth m’a envoyé ici pour l’aider par tous les moyens possibles ; et je suis bien sûr que la pauvre dame en est persuadée'. »
Elle l’avait sans doute espéré; car on espère envers et contre tout. Un autre espoir, illusion non moins trompeuse, s’élevait aussi dans son cœur. Son frère, le comte de Murray, qui l’avait quittée le 9 avril, allait revenir du continent après quatre mois d’absence. Elle le verrait, elle le toucherait ; il lui rouvrirait peut-être sinon le chemin du trône, au moins celui de la liberté. Il n’avait pas oublié les bienfaits d’une sœur, qui lui avait tant donné, tant pardonné. Nouvelle et plus ploignante déception ! Ce frère allait consommer son infortune. Mais nous ne suivrons pas Marie Stuart dans cette autre phase de son histoire. Nous avons poussé notre récit jusqu’au couronnement de Jacques VI, parce que d’une part ce fait marque le plein accomplissement de la conjuration de l’aristocratie écossaise contre la fille infortunée de Jacques V ; d’autre part, le prétexte de cette révolution fut le mariage de Marie Stuart avec Bothwell. La prétendue obstination de son amour effréné pour ce grand coupable colora sa captivité de Lochleven et sa déchéance.
A présent,. retournons à Bothwell. Suivons-le depuis sa fuite de Carberry-Hill jusqu’à sa mort dans un donjon de Danemark. La fatalité du prisonnier du roi Frédéric II, à laquelle les lords ont rivé par d’indestructibles attaches le sort de la prisonnière de Murray et d’Elisabeth, continuera de s’appesantir sur elle, et la traînera à la mort par un supplice de vingtans.Cettefinde Bothwell nous fournira encore des lumières et des preuves en faveur de l'innocence de Marie Stuart.
lamity and temptation; and on the olher side, Word* wilhout deeds be no cnmfort.
t. Miss Sirickland, I. VI, p. 5. Au sujet des instructions de Throckmorton, le lecteur se rappellera qu’il devait eiprimer à Marie, au nom d’Êlisaheth, d’abord le blAme pour sa conduite et son mariage avec Bothwell, ensuite les promesses de secours et de restauration.
Le soir du 15 juin 1567, au moment où Marie Stuart allait descendre la colline de Garberry-Hill et se remettre à la foi des lords, sous la conduite et sur la parole de Kirkaldy de Grange, leur mandataire, celui-ci, prenant Bothwell par la main , l’avait prié de pourvoir promptement à sa sûreté. Ce n’était pas que sa personne courût aucun danger immédiat : car les nobles lui avaient garanti la libre retraite sur Dunbar; et, ce qui valait mieux pour lui, ils ne craignaient rien tant que de le prendre et de se voir dans la nécessité de lui intenter un procès, qui aussitôt serait devenu le leur. Il regagna donc sans être poursuivi la forteresse, d’où il était parti la veille pour cette campagne qui avait , en si peu d’heures , brisé le trône souillé par ses crimes. Il demeura paisiblement dans son asile de Dunbar : autant les confédérés avaient déployé d’activité et de résolution pour s’emparer de la reine, autant ils montrèrent de nonchalance en ce qui le regardait. Il put même monter une barque de pêcheur, croiser dans le Forth, débarquer à quelque distance de Linlithgow pour une entrevue avec
lord Glaud Hamilton ' : leur tolérance ne se démentit pas.
Enlin le 26 juin, onze jours après la capture de la reine, le Conseil privé lança une proclamation portant défense à qui que ce fût de recevoir le comte de Rothwell ou de l’assister, et promesse de mille couronnes d’or à qui l’amènerait prisonnier’. En même tempsdcs hérauts munis de lettres écrites au nom de la reine reçurent mission d’aller sommer les gardiens de Dunbar d’avoir à remettre le château dans les six heures, attendu que le comte de Rothwell y avait été reçu et y séjournait*. Or si l’on se rappelle que le gardien principal, à qui l’on signifiait de livrer la forteresse n’était pas autre qiie Rothwell lui-mêine, on ne s’étonnera pas que des historiens aient regardé une sommation de ce genre comme l’avertissement déguisé qu’il ferait prudemment de chercher quelque autre abri plus écarté*.
Il s’embarqua vers le commencement de juillet, on ne sait quel jour, conGant le château à sou parent Patrick Whitlaw, et cingla vers le comté d’Aberdeen, avec l’espoir que le comte d’IIuntly emploierait pour le servir sa puissance, qui était grande dans ces parages. Mais le comte déclara publiquement qu’il souhaitait de tout sou cœur de voir sa sœur et la reine délivrées d’un si méchant mari ; lady Bothwell disait de son côté à Edimbourg qu’aucun pouvoir sur la terre ne la forcerait à retourner avec lui*.
Rothwell, n’ayant rien à attendre des Cordons, se porta sur Spyniè-Castle , résidence de son vieil oncle Patrick, évêque de Murray. C’était là, sous les yeux de Patrick, que
1. Miss Strickland, t VI, p. 19, d'après tes correspondances anglaises. Drury à Cécil, 19 et 27 juin; Scrope à Cécil , 21 juin.