‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 217 sur 257 · Teulot, p · texte numérisé non relu

Teulot, p

dont il était porteur, que ce gentilhomme écossais n’était pas sorti de son pays d’une manière honorable *. » Les variations de Bothwell sur ses intentions ultérieures, parlant d’aller tantôt en Écosse, tantôt en Hollande ou en France; ses menaces indiscrètes que tout cela se payerait un jour; surtout la crainte qu'il ne voulût se rendre en Suède, avec laquelle le Danemark était en guerre, inquiétèrent les Norwégiens. On s’assura de sa personne. On le sépara de ses gens, excepté quatre ou cinq. Désormais il était prisonnier (fin de septembre 1567). On le fit partir pour Copenhague, d’où il envoya une supplique à Charles IX par Danzay, ambassadeur de France en Danemark *.

Mais ses dangers n’étaient pas finis : loin de là. Le comte de Murray, dont les lieutenants avaient manqué leur proie, réclama de Frédéric II, roi de Danemark, l’extradition de Bothwell. Ce prince, incertain entre le véhément réquisitoire du régent d’Écosse et l’énergique affirmation du fugitif qu’il avait déjà été jugé et absous légalement, offrit de mettre accusateur et accusé en présence, devant l'assemblée de la noblesse danoise. Un public débat n’était pas le compte des lords. Le seul avantage qu’ils obtinrent, c’est que Frédéric, afin de ne pas trop blesser l’Écosse et l’Angleterre par une roideur intraitable, livra au héraut William Stuart, l’un des domestiques du comte, le malheureux Paris, qui, ramené en Écosse en janvier 1568 *, fut pendu en août 1569, et fut censé ensuite avoir fait des aveux accablants contre Marie Stuart.

Bothwell adressa au roi de Danemark un mémoire justificatif (Copenhague, 5 janvier 1568), rédigé très-habilement. Il retraçait la véridique histoire des complots sans cesse renaissants de Murray, Morton, etc., contre Marie Stuart, à partir de l’année 1559, et montrait que l’assassinat de Darnley en avait été la consommation finale. Mais il pre-

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