‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 218 sur 257 · Miss Stricltland, t. VI, p · texte numérisé non relu

Miss Stricltland, t. VI, p

58't CAPTIVITÉ DE BOTHWEI.I, EN DANEMARK.

nait soin de se placer parmi les défenseurs inébranlables de Marie Stuart , expliquant ainsi la haine que les lords lui avaient vouée. De même il n’avait eu aucune part au meurtre du roi, et il passait sous silence l’enlèvement commis par lui sur la personne de la reine; mais il insistait sur l'acquittement que la justice avait prononcé régulièrement en sa faveur, sur l’otTre que les grands lui avaient faite, et dont il leur attribuait l’initiative spontanée, de le marier avec la reine. Chose remarquable, on chercherait en vain dans cet endroit et dans toute cette pièce1 une allusion quelconque à l’amour passionné dont Marie Stuart aurait brûlé pour lui. Cependant était-il homme à négliger un tel avantage près le roi de Danemark? Arrogant et présomptueux, s’il ne s’en donna pas le relief, c’est certainement parce qu’il se sentait si peu digne d’amour et si peu aimé, qu’il ne put pas lui venir à l’esprit de se vanter de l’être. Après le récit de sa séparation d’avec la reine et de l’emprisonnement de celle-ci à Lochleven, il ajoutait que les nombreux seigneurs de leur parti l’avaient chargé d’aller chercher des secours en France en passant par le Danemark ; qu’à la suite de son combat sur mer avec les rebelles, il avait été forcé d’aborder en Norwége ; il se plaignait de son arrestation à Bergen et de sa détention en Danemark.

Tout adroit que fût ce plaidoyer, il ne convainquit pas Frédéric II, qui ordonna d’en transférer l’auteur à Malmoeen Scanie. De sa nouvelle prison , le comte écrivit une seconde fois à ce prince (13 janvier 1568), qu’il était venu en Danemark avec mission de la reine pour solliciter son secours ; et il essaya de le tenter par l’offre de restituer les Orcades et les Shetland, que la couronne de Danemark et de Norwége réclamait à celle d’Écosse1.

Toutefois, le roi, s’il ne se rendit pas aux arguments et aux

]. Nous savons déjà qu’elle se trouve dans le volume de M. Teulet, Lettres de Marie Stuart, p. 155 et suivantes.

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