‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 22 sur 257 · Chalmers, t. I, p · texte numérisé non relu

Chalmers, t. I, p

Puisqu’elle était obligée de se défendre, elle rechercha naturellement ceux que Murray avait chassés ou ruinés. Elle réintégra lord Gordon dans ses honneurs et dans les domaines de son père'; et le 5 août, elle expédia sur le continent un message de rappel aux comtes de Bothwell et de Sutherland. Un plein pardon fut octroyé au premier pour s'être échappé de sa prison, trois ans auparavant. Le proscrit, re- »

levé de ses longues souffrances, débarqua en Écosse le 17 septembre 1565, et fut le bienvenu à llolyrood ’. Murray s’étant jeté des machinations ténébreuses dans la révolte ouverte, . Bothwell prit part à la courte et vive campagne qui força le rebelle à chercher un refuge en Angleterre, dès le 8 octo- bre. Les agents anglais furent donc dans la fâcheuse nécessité de constater la défaite des traîtres, leurs amis ; du moins, par compensation, ils virent poindre les premiers dissentiments entre Marie et Darnley. Bothwell en fut l'occasion*.

Comme il fallait dans le Border un homme sûr et puissant, la reine voulait y replacer le comte, avec le titre de lieutenant-général qu’il avait porté sous Marie de Lorraine. Darnley, prétendant tenir avec son père les rênes du gouvernement, exigeait la lieutenance des frontières pour le comte de Lennox, déjà lieutenant de l’ouest. Marie ne céda point.

Elle jugeait sainement qu’il convenait d’employer Bothwell sur le terrain où il pouvait le mieux servir. Elle avait de plus de bonnes raisons de ne pas accumuler l’autorité entre les mains de Lennox, personnage ingrat et capable de tout par ambition. En effet, peu touché de l’heureuse fortune de son fils, et habitué de vieille date aux complots, il ne fut pas longtemps sans rouler dans son esprit la déchéance de sa belle fille, et un crime plus odieux encore. Randolph joignit ses

t. Miss. Strickland, t. IV, p. 175, d'après le Diurnal of occurrents, Chronique du temps.

2. Sutherland fut arrêté par les Anglais & lterwick, et ne recouvra sa liberté qu'en février 1566, sur les instance* de Marie Stuart. Keith, Appetul., P-.170.

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