‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 23 sur 257 · Miss Strickland, t. IV, p. 202 et suiv · texte numérisé non relu

Miss Strickland, t. IV, p. 202 et suiv

COMMENCEMENTS UE BOTHWELI.

objections à celles de Darnley, sans persuader davanlage la reine

Combien de dangers menaçaient dès ce temps la situalion de Marie Stuart î A ses côtés rien que des ennemis : un mari sot et orgueilleux jusqu’à la démence, capable de se porter aux dernières extrémités pour se rendre le maître; un beaupère qui égarait son tils par les plus mauvais conseils ; des ministres , le chancelier Morton et le secrétaire d’Éiat Maitland de Lethington, qui, demeurés près d’elle sous le masque de la fidélité, se concertaient secrètement avec Murray. Ils avaient, pendant cette guerre civile, conduit l’armée royale au nord, lorsque leur complice tenait la campagne au midi 5 ; et les correspondances anglaises nous les montrent épiant l’heure de trahir fructueusement celle dont ils captaient la crédule confiance. Randolph, qui faisait de son titre d’ambassadeur l’abus le plus indigne, était le centre et le moteur de toutes ces menées. Enfin les émissaires de l’insidieux Cecil venaient offrir à Marie comme d’eux-mêmes leur zèle simulé, et envoyaient au ministre d’Élisabeth le compte précis de chaque mouvement de la reine d'Ecosse, de chacune des larmes tombées de ses yeux 5. Sans doute elle eût succombé dès lors, si sa jeunesse, sa beauté, sa douceur et sa tolérance en religion, ne l’eussent rendue chère aux masses.

Pendant l’hiver de 1565-1566, le comte de Bothwell s’occupa de ramener l'ordre dans les marches, surtout d’intercepter les communications des fugitifs avec leurs amis de la cour et du royaume. Sa vigueur déplut fort aux Anglais. Randolph s’en plaint à Cecil (29 janv. 1566): la reine d'Ecosse ayant désigné le comte de Bothwell et le laird de Cesford (gardien des marches du milieu) pour s’aboucher avec le comte de Bedford etsir John Forster (gardiens des marches anglaises)

1. Lrttre de Randolph à Cecil, 13 octobre 1565; miss Strickland, t. IV, p. 215-6.

2. Chalmers, t. III, p. 206 , 420-1, 552-3, d’après les correspondances anglaises.

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