‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 220 sur 257 · Teulet, p · texte numérisé non relu

Teulet, p

se dispenser de donner son acquiescement à un plan de restauration de la reine d’Ecosse. Ce n’était pas tout : l’aristocratie anglaise y joignait un projet de mariage entre l’un de ses membres les plus éminents, le duc de Norfolk, et Marie Stuart.

Un divorce avec Bothwell était la condition préalable. Du fond du Danemark, il envoya son consentement écrit1. Lord Boyd partit pour l’Écosse muni de ce papier, de lettres d’Élisabeth et de ses conseillers pour Murray, le Conseil d’Écosse et pour Lethington, brouillé alors avec le régent et chef du parti de la reine précipitée par lui deux ans auparavant. Murray reçut avec une déférence apparente les messages qui allaient frustrer son ambition. Mais avec sa profonde connaissance des choses, il ne se troubla point; surtout il n’eut garde de prendre, chez Elisabeth, les paroles pour l’expression de la pensée. Il s’empressa de convoquer une convention de la noblesse à Perth. Des délégués de l’assemblée du clergé alors réunie à Édimbourg s’y adjoignirent. Aux uns et aux autres il fit la leçon. En conséquence, l’assemblée rejeta énergiquement (28 juillet 1569) toute proposition de restauration de la reine déchue; quant à la demande de Marie qu’on examinât la légalité de son mariage avec Bothwell, et qu’on en prononçât la nullité si on le trouvait illégal, une scène évidemment concertée empêcha la délibération. Lethington soutenait que le divorce pouvait avoir lieu sans porter préjudice ni manquer de respect au roi ou i l'Église. Makgill, clerc du registre, répliqua que les propres lettres de Marie le réfutaient et insultaient leur souverain. Car elle leur parlait toujours comme à ses sujets et signait du titre de reine. Il s’emporta contre l’archevêque de Saint-André, un hérétique, retranché de la vigne de vérité, un obstiné rebelle et papiste; et cependant, elle lui écrivait comme au chef de l’Église. Condescendre à répondre à une telle requête, ce serait en quelque sorte en admettre la

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