Teulet, p. 21R
en liberté avant que l'affaire eût été examinée à fond devant le conseil de Danemark.
Thomas Buchanan répondit le 19 mars par un long mémoire' qu’il est inutile d’analyser parce qu’il répète les . pièces antérieures, excepté sur un article intéressant. Il avait parlé précédemment d’un simulacre de mariage et d’enlèvement par Bolhwell*. Cette fois, il changea de style Il ne pourra pas nier, cet infâme traître, qu’après s’être débarrassé par un meurtre horrible du roi, son seigneur, il prit avec lui une troupe de soldats, s’empara publiquement par 1a force de la sérénissime reine d'Écosse, et l’entraîna violemment dans la plus forte place du royaume, dont il avait la garde*. Crime inexpiable à mon sens; car, » poursuivait Buchanan sans trop s’inquiéter delà liaison des idées, « elle n’eût jamais failli, cette princesse également illustre et puissante, ornée des dons les plus précieux de Dieu, elle que l’on doit avec justice ranger parmi les souverains les plus éminents qu’aient produits les siècles, tant à cause de ses vertus singulières que de ses rares qualités de corps et d’esprit, si ce monstre de la nature ne les avait corrompues et détruites par ses fascinations, ses filtres, ses enchantements, ses poisons et ses sortilèges. Tant de maléfices troublèrent jusqu’au fond cette âme d’élite. Personne ne s’étonnera, mais tous s’affligeront qu’elle se soit jetée en aveugle dans ses malheurs ; tout homme honnête ne saurait les rapporter ni les entendre sans une profonde douleur. C’est ce misérable parricide, le seul coupable et l’auteur de tous ces maux.... * Si elle avait été enlevée de force, à quoi bon la sorcellerie? La variante si