Lettres de Varie Stuart, Avertissement, p. xiti-xiv
Norris, ambassadeur anglais en France, tend à soutenir devant le monde, que la reine d’Écosse n’est pas coupable de la mort de son mari, un conte dans l’opinion de bien des gens.... Il y a aussi un gros mensonge : c’est que tous les nobles hommes qui ont eu connaissance de son affaire, l'ont jugée innocente, et par suite ont sollicité Sa Majesté d’épouser le comte de Norfolk *. » Si cela était faux, mais Cécll savait que rien n’était plus vrai, pourquoi ne pas permettre au débat d’arriver devant le public? Le livre fut imprimé en Flandre en 1571; on continua de l’interdire en Angleterre avec une rigueur impitoyable. Au même moment, Morton étant à la cour d'Elisabeth, muni pour la seconde fois de la cassette de vermeil , dont au reste on ne fit pas usage, Marie Stuart écrivait à Élisabeth, le 31 mars 1571 : « Je vous supplie, en chose si importante permettez moi d’estre ouye en ma défense avant que de me condamner*. » Elle ne reçut pas un mot de réponse. Qui donc, encore un coup, esquivait la discussion publique?
Quelle était d’ailleurs la lactique invariable des ennemis de Marie Stuart? Après avoir arrêté et interrogé les domestiques de Bothwell, William Powrie, George Üalgleish, John Hay, John Hepburn, du 23 juin au 8 décembre 1567, et d’autres encore, tels que le capitaine Cullen, n'avaientils pas, Tytler nous l’a dit*, supprimé les aveux qu’ils leur arrachèrent ? Ils se gardèrent bien d’admettre le public dans la confidence. Et Jean Hubert, ce Paris, qu’on ramena de Danemark en janvier 1568, n’avons-nous pas vu Murray l’engloutir vivant entre quatre murs pendant dix-neuf mois, tandis qu’il aurait pu le produire à York et à Londres, et par lui accabler Marie Stuart criminelle? Les deux confessions de Paris furent déposées dans le même sombre arsenal, où l'œil du public ne pénétrait pas.
1. Lettre du 4 mai 1571 , dans Anderson, 1. 1, The Editor's préfacé to lhe Defence of queeu’s Mary honour, p. v.