Miss Strickland, t. IV, p
et régler les affaires débattues entre les deux frontières, l’ambassadeur anglais déclara à la reine que sa souveraine haïssait personnellement Bothwell, qu’il était connu pour ne pas désirer la paix, de sorte que s’il s'en suivait des conséquences fâcheuses, elle ne devrait s’en prendre qu’à elle-même. Elle répondit qu’elle pourraiten dire autant de Bedford, et qu’elle ne nommerait personne autre que Bothwell. C’est pourquoi Bedford déclara de son côté à Cecil qu’il désespérait de la justice sur le Border tant que Bothwell en serait gardien, « cet homme étranger à la crainte de Dieu et à l’amour de la justice *. *
Peu de jours après, Bothwell épousait une catholique, Jane Gordon, sœur du comte d’Iluntly (22 février 1566). Avec une opiniâtreté puritaine qui aurait dû lui mériter l’indulgence de Bedford, protestant très-zélé, il refusa de conduire lady Gordon devant l’autel catholique et s’en tint au rite protestant, quoi que pût dire Marie Stuart pour fléchir sa résolution. Toutefois, en récompense de ses derniers services, la reine et Darnley présidèrent le banquet nuptial à Holyrood. La fête se continua encore cinq jours, mêlée de joûtes et de tournois. Marie fit présent à l’épousée de sa robe de noce
A peine les fêtes se terminaient-elles, que la cour d’Holyrood était bouleversée par la première des grandes catastrophes, auxquelles avaient préludé les trames et les séditions des cinq années précédentes, je veux dire l’assassinat de David Riccio. C’est là que va s’ouvrir le drame.
Nous avons montré jusqu’ici par les commencements de Bothwell et par l’état du royaume comment s’étaient noués les intérêts et les passions chez les individus et chez les partis, sur quelles bases s'étaient formés les complots que nous verrons renaître d’eux-mêmes sans discontinuer, et comment les malheurs que nous avons à raconter sortiront, non pas des torts d’une reine, mais d’une situation toute
t. Keith, Append. p. 166-7. — Lettres de Randolph, 24 janvier 1566; de Bedford, 8 février 1566.