Morton, Archibald Douglas, etc
slance qui nous touchât l’une et l’autre, comme est celle de la translation de votre petit-fils et de mon unique enfant dans ce pays. Quoique j’y sois opposée à jamais, je serais heureuse d’avoir votre avis à cet égard, comme en tout ce qui le concerne. Je l’ai porté, Dieu sait avec quel danger pour lui et pour moi; il est votre descendant; mais je n’ai pas le dessein d’oublier mon devoir envers vous, ni de vous désobliger, de quelque dureté que vous ayez usé envers moi ; je veux, au contraire, vous aimer comme ma tante et vous respecter comme ma belle-mère. Si vous désirez connaître plus à fond mes sentiments là-dessus et sur tout ce qui nous touche, mon ambassadeur, l’évêque de Ross, sera prêt à entrer en conférence avec vous. Sur ce, avec mes salutations cordiales, m’en remettant à mondit ambassadeur et à une plus juste appréciation de votre part, j’invoque pour vous la protection du Tout-Puissant; je le prie de vous conserver ainsi que mon frère Charles, et de vous faire connaître mon creur mieux que vous n’avez fait jusqu’ici. — Votre belle-fille qui vous aime1 2.»
11 paraît que ce langage digne et affectueux, sous son voile de tristesse, émut lady Lennox. Mais le comte affirma plus que jamais à sa femme la culpabilité de Marie Stuart. Nous avons expliqué ailleurs ses motifs et leur valeur*.
Ce ne fut qu'après la mort de Lennox et du comte de Mar, son successeur à la régence, et pendant la lutte dernière de Lethington et de Kirkaldy de Grange au château d’Edimbourg au nom de Marie Stuart contre Morton, nouveau régent, et les troupes anglaises, que la vérité commença de se faire jour dans l'esprit de la mère de Darnley. '
Elle entretenait une correspondance amicale avec Morton, du sang des Douglas comme elle, et son cpusin germain. Lorsque les défenseurs du château furent réduits à capituler,
1. Laban. t. III, p. 77-8. — Miss Strickland, t. II, p. 427, avec quelques variantes. — Charles était le second fils du comte et de la comtesse de Lennox, le frère de Darnley. — Voy. aussi Robertson, Dissertation critique sur le meurtre du roi Henri.