‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 238 sur 257 · Voy. chap. v, Append. et passim · texte numérisé non relu

Voy. chap. v, Append. et passim

ils se rendirent non pas à Morton dont ils connaissaient la haine impitoyable, mais à la reine d’Angleterre et à Drury, chef des troupes anglaises. Celui-ci, leur ancien ami, essaya de les sauver en les recommandant à la clémence d’Élisabeth. Morton le combattit de toutes ses forces; et ne négligeant aucune influence, il réclama le concours de la comtesse de Lennox. Sur ces entrefaites, avant que l’on eût reçu d’Angleterre l’ordre de livrer les prisonniers au régent, Lethington mourut dans la maison de Drury à Leith, du poison qu’il prit volontairement, ou que lui fit donner Morton, lequel voulait avoir sa vie, mais ne pouvait pas risquer un procès où l’accusé aurait mis à découvert la complicité du juge dans l’assassinat de Darnley : « Lethington, écrivit-il à la comtesse, Lethington, la source de tous les maux, est sorti de cette vie à Leith, en prenant de lui-méme les devants, comme plusieurs le pensent non sans cause. » Mais si le régent n’avait plus rien à craindre du secrétaire, il redoutait encore Drury et ses révélations. Il s’efforça de prémunir sa cousine * « Je dois avertir voire Grâce d’être prudente et circonspecte quant aux rensei- . gnements du prévôt de Berwick.qui exerce ici le commandement des troupes de Son Altesse (Élisabeth); car sans aucun doute, c'est un ami secret de nos ennemis; et il n’a apporté ni bonne volonté, ni bonne foi dans son commandement. »

Il la priait de l’aider à faire remplacer Drury par Killigrew. Celui-ci partageait toutes ses passions. 11 ne finissait pas sans une atteinte venimeuse à Marie Stuart : « cependant le principe de toutes nos peines est toujours enlre les mains et au pouvoir de Sa Majesté; et je ne doute pas que Son Altesse n’y mette ordre dès qu’elle en trouvera le moment. Présentement, je ne pousserai pas la curiosité plus loin. En tout cas je fais des vœux ardents pour qu'elle prenne le meilleur parti ; et si je vois quelque moyen d’y contribuer, j’y emploierai mes efforts de tout mon cœur1. »

I. Juin 1573; miss StricVland, t. Vit, p. 191-?. — Voy. »ussi t. Il, p. 4S9- 440, I't> de la comtesse de l.ennox.

Il paraît que ce style artificieux produisit sur lady Lennox juste l’effet contraire de ce que Morton en attendait. Déjà certaines circonstances singulières de la mission de Thomas Buchanan près le roi de Danemarck, avaient éveillé chez elle le doute et le scrupule Probablement au lieu de se conformer aveuglément à la recommandation de son cousin, elle se renseigna et appritce qu’il avait tant d’intérétàlui dissimuler. Toujours est-il que dès ce moment, comme le montrera plus bas un document précieux, elle rompit toute correspondance avec lui et se réconcilia avec Marie Stuart. Dès lors aussi la défiance d’Élisabeth envers sa parente se réveilla; elle suspecta des relations secrètes entre la belle-mère et la bellefille, et apprêta de nouveau toutes ses colères. Rien en effet n’avait plus servi sa politique contre Marie, que la douleur éclatante, profonde et sincère de la mère de Darnley ; c’était en quelque sorte la justification aux yeux de l’Angleterre et du monde, du renversement et de la captivité de la femme criminelle, que dénonçait une mère inconsolable.

* Leur réconciliation allait détruire tout cela et rejeter l’opprobre d’un côté sur l’autre.

En ce moment, la comtesse de Lennox, ayant quitté la cour sous un prétexte, nfaria brusquement sans la permission de sa souveraine, Charles Darnley, son second fils, avec Élisabeth Cavendish, belle-fille de lord Shrewsbury qui, depuis longues années, gardait Marie Stuart à Chatsworth et à Sheftield. La reine d’Angleterre crut à une intervention secrète de Marie, à une intrigue qu’elle qualifiait de trahison. Outrée de fureur, elle enferma la comtesse à la Tour et chargea le comte d’IIuntingdon, l’un des héritiers éventuels de la couronne d’Angleterre après les Stuart* et les Lennox, intéressé par conséquent à leur nuire, d’exercer une enquête rigoureuse sur Thomas Fowler et tous les vieux serviteurs de la comtesse de Lennox. Mais ni la longue durée . ni la sévérité de la prison

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