Miss Strickland , t. VII, p
pour venir se donner en quelque sorte elle-mômè à la veuve tant accusée' ?
Mais cette même année va nous apporter une démonstration sans réplique. L’une de ces rencontres qui récompensent quelquefois les amis passionnés de la vérité, a placé sous les yeux de l’éminent auteur des Fies des reines d’Ècosse, miss Agnès Strickland, une lettre de lady Marguerite Lennox et d’Élisabeth Lennox, sa bru, à Marie Stuart*. Elle est d’Hakney1 2 3 4 5, 6 novembre 1575.
La comtesse parle la première : « S’il plaît à Votre Majesté, j’ai reçu le présent et le souvenir qu’elle m’a envoyés, et par sa lettre, et par d'autres voies, à ma grande consolation, surtout en voyant la sollicitude maternelle et zélée de Votre Majesté pour notre charmant et incomparable joyau d'Ecosse*. Je n’ai pas eu moins de crainte et de souci que Votre Majesté pour lui , de peur que le pervers gouverneur* n’attentât à sa personne, que Dieu préserve de ses ennemis! Je n’ai rien négligé; mais immédiatement au reçu de la lettre de Votre Majesté, la cour étant loin d’ici, j’envoyai ün homme de confiance, qui fit tout ce que j’aurais fait moi-même si j’avais été sur les lieux, et pour savoir ce qui s’est passé, et pour prévenir tout mal dans l’avenir. Il s’est mis en rap-
1. Le prince Labanoff renvoie, pour la date de ce fait, an premier emprisonnement de la comtesse à ta Tour, le 24 juin 1505 (t. I, p. 274). Nous croyons qu’il se trompe et que miss Strickland est dans le vrai en la pinçant au deuxième emprisonnement , à la fin de 1574. Les mois de vieille comtesse de Lennox s'appliquent plus naturellement 4 la prison des dernières années (elle mourut en 1578, à soixante-trois ans). La lettre que nous citons plus bas, de la comtesse 1 Marie (6 novembre 1575) , montre qu’il y avait entre elles, outre la correspondance , un échange de petits présents. Miss Strickland rappelle aussi le portrait de lady lennox à Hampton-Court , en habits de veuve (c’est bien alors la vieille comtesse), les cheveux blancs d’argent ; tandis que dans un autre portrait, précisément avec ta date de 1565, la chevelure est blond clair (t. II, p 411-2).
2. Miss Strickland en a donné le texte et le fac-similé 4 la fin de son cinquième volume , p. 372-374. — Teulet , Lettres île Varie Stuart, p. 246, reproduction et traduction.