‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 35 sur 257 · Mignet, 1, p · texte numérisé non relu

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nan. Nous demanderons la permission de puiser largement dans son pamphlet de la Detcclio, plus célèbre que connu , bien qu’il soit l’origine et la cause de la condamnation qui pèse sur Marie Stuart. Le faire connaître est, croyons-nous, un des meilleurs moyens à l’appui de notre thèse. — Après une longue et véhémente amplification sur les défauts et les vices de Bothwell, après avoir d’autre part annoncé qu’il fera grâce à la reine, afin de les ensevelir dans l’oubli ou le discrédit, des bruits qui coururent sur elle en France pendant son premier mariage, et en Écosse depuis son retour, quoique la perversité du reste de sa vie donne lieu de croire qu’ils n’étaient pas sans fondements, l’écrivain explique d’où venait l’amour « infâme et furieux, impossible à croire de qui n’en a pas été témoin, » qde Marie avait voué à « son pigeon de Vénus *. »

« Ce n’était ni en beauté, ni en dons extérieurs, ni en vertus, mais par l’excès des vices qu’ils se ressemblaient. Cette jeune femme, élevée tout à coup au suprême pouvoir, sans avoir jamais vu de ses yeux, entendu de ses oreilles, ou examiné en elle-même ce que c’est qu’un État régi par des lois, imbue encore des conseils violents de sa famille, qui, de son côté, aspirait à la tyrannie en France, voulait ramener sous son bon plaisir le droit, les lois divines et humaines, les institutions des ancêtres. Plus d’une parole échappée trahit son ambition forcenée ; jour et nuit elle y songeait; mais cette passion rencontrait pour obstacles les coutumes nationales, les lois, les institutions, l’accord qui existait entre les grands; tant qu’ils seraient debout, il lui serait impossible de parvenir à son but. Pour se faire jour, elle résolut de détruire tout ce qui l’arrêtait. Cependant, elle ne savait pas trop comment ni avec quels ministres entamer une telle entreprise; il lui fallait employer la fraude, unique espoir de succès. Seul, Bothwell lui parut l’instrument par excellence de ses desseins; cet homme, tombé dans une

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