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Marie Stuart est une reine qui conspire contre les lois fondamentales de son royaume; dans la conclusion, ce n’est plus qu'une épouse criminelle. A l'époque où la Deieclio fut rédigée (1568), il fallait soutenir l’accusation de tyrannie lancée l’année précédente contre Marie après sa chute, accusation qu’on ne se mit jamais en peine de prouver autrement, parce que cela était impossible. En effet, depuis le moment où elle remit le pied en Écosse, août 1561, jusqu’à celui où on la relégua dans la prison de Lochleven, juin 1567, Marie Stuart eut toujours pour principal ministre, ou mignon comme on disait, son frère le comte de Murray, excepté dans les intervalles où celui-ci disparut volontairement de la cour, pendant sa révolte et l’exil de peu de durée qui en fut la suite naturelle. On en peut dire autant de ses deux amis, Morton et Maitland de Lethington, chefs avec lui du parti protestant. Jamais Marie ne se vengea* ; jamais elle ne fît d’entreprise conlre les lois de l’État ; jamais elle ne persécuta personne pour la religion, ni pour quoi que ce fût. Catholique sincère et très-affligée de la défection de l’Écosse, elle réclama simplement de ses sujets, pour elle-même, la tolérance qu’elle leur accordait ; bien plus, elle pourvut largement aux besoins de l’Église réformée, tandis que les seigneurs, gorgés des biens de l’ancienne Église, n’en voulaient rien détacher pour l’entretien des pasteurs. Il est vrai que M. Mignet rapporte (t. I, p. 203), d’après l'historien Tytler, qu’en février 1566, le gouvernement français entraîna Marie Stuart dans la grande ligue nouée entre les princes catholiques contre la cause protestante. Mais, d’une part, on sait aujourd’hui qu’à cette époque, Catherine de Médicis n’avait pas cédé aux instances de Philippe II’, qui la pressait pour l’extermination de l’hérésie, et que cette ligue n’existait donc qu’en projet sur le continent. D’autre part, Randolph, sur la foi duquel Tytler a parlé, après avoir mandé à Cécil, le
1. Voy. par exemple comment elle pardonne à lord Maxwell, un des relicllesde 1565. Miss Strickland, t. IV. p. 212.