Henri Martin, Mit. de France, t. IX, liv. lui
LA FAVEUR DE DOTHWELL
8 février 1566, que Marie avait signé la ligue du pape, de l’empereur, du roi d’Espagne, du duc de Savoie, de plusieurs autres princes d’Italie et de la reine mère (Catherine de Médicis), se rétracte le 14 du même mois, en disant que ce pacte est entre les mains de la reine, mais qu’elle n’a pas encore adhéré1. Elle n’y adhéra pas, comme le prouve une dépêche écrite après la mort de Darnley par l’évêque de Mondovi. Le pape Pie V l’avait fait partir pour J’Écosse en qualité de légat ; mais il avait dû s’arrêter à Paris, à cause des événements : « si la reine avait fait ce qu’on lui conseillait et proposait au sujet de la ligue, avec la promesse de tous les secours nécessaires pour la très-juste réalisation de son objet, elle se trouverait maintenant tout à fait maîtresse de son royaume, en position d’y rétablir entièrement la sainte foi catholique. Mais elle n’a jamais voulu y entendre, quoiqu’on lui eût envoyé monseigneur de Dumblane et le père Edmond (jésuite) pour la décider à embrasser cette très-sage entreprise; et plaise à Dieu qu’une si injuste impunité (laissée aux hérétiques) ne tourne pas à la ruine totale dé Sa Majesté et de ce pauvre royaume*. » ,
Ainsi sur l’article de la tyrannie, Buchanan fait un mensonge, et Tytler se trompe. Ce grand complot d’usurpation des lois divines et humaines est de pure invention.
Mais tout à l’heure l’accusation déclarait que c’était afin de réaliser ce rêve despotique, que Marie s’était mise en quête d’un auxiliaire, et qu’elle s’attacha Bothwell par le double attrait de l’argent et de l’abandon de sa personne. N’avonsnous donc pas dès maintenant le droit de dire que ce second grief n’est pas plus fondé que le premier? Nous le prouverons d'ailleurs par le développement des faits. Remarquons aussi une contradiction. Tantôt ces désordres de Marie Stuart sont l’effet de l’amour débordé qui l'entraîne vers le comte;