Miss Strickland, IV, p
2. Chalmers, III, p. 85, not. u. Toutefois, Élisabeth avait commencé par acheter pour elle-même, le moins cher possible, les plus beaux joyaux de Marie, que Murray avait envoyés h Londres. Lettres de Uochetel de la Forest à Charles IX, Londres, 2 mai 1568; et k Catherine de Médicis, Londres, 8 mai, dans Labauoff, t. VII, p. 129 et suiv.
taire de la forteresse , dont fut privé très-justement Simon Preston , prévôt d’Edimbourg, après avoir trempé dans la mort de Riccio. A défaut d’argent pour l’entretien de la garnison , la reine assigna sur les terres de la couronne autour du château, la quantité nécessaire : c'est ce que l’on a transformé en ces vastes domaines qu’elle aurait joints au cadeau principal.
Chalmers fait observer que l’on a oublié de relever, parmi les générosités de Marie , la remise (1er mars 1566 ) de certains droits féodaux dont le comte et son père étaient redevables au trésor.
La garde du château de Dunbar et la remise de quelque argent dû à la couronne, voilà donc toute la récompense que Bothwell reçut de ses loyaux services lors de la révolte de Murray et de l’assassinat de Riccio. Voilà la vérité dégagée des déclamations furibondes de Buchanan , et des voiles qu’avaient jetés sur elle les historiens , échos trop complaisants de ce calomniateur.
Mais si l’on nous accorde que Marie Stuart ne lit pas litière des honneurs et de la richesse publique aux pieds du complice des déportements et des atroces desseins qui lui sont imputés, on nous opposera l’empire absolu qu’il exerçait sur elle ; on nous la montrera docile à ses moindres conseils et se gouvernant par ses lois, comme une humble servante. « Bothwell seul pouvait tout; seul, il présidait à toutes les affaires; et telle était l’ardeur de la reine à manifester son penchant pour lui , que nulle grâce ne s’obtenait d’elle que par lui*. »
Déjà les faits ont convaincu Buchanan d’imposture sur les autres chefs; ils vont le convaincre encore sur celui-ci.
1. Buchanan, Histoire tf Écosse, liv. xvw, p. 348. — Robertson, t. II, p. 39, traduct. de Campenon : a Cependant Bothwell était le principal confident de la reine. Aucune affaire ne se décidait tans sa participation ; aucune gréce n’était accordée tans qu’il fût consulté. » — Mignot, t. I, p. 242- 243: « Les progrès de sa faveur, vers la fin de l’été de 1666, éclatèrent aux yeux de tout le monde. Il disposait de tout & la cour d’Ecosse, où il dirigeait entièrement les volontés de sa souveraine. >
LA FAVEUR I)E D0TI1WELL
Qu'en retour de son dévouement à travers les crises les plus périlleuses , Bothwell eût obtenu la première place dans la confiance de sa souveraine et une influence prépondérante , qui pourrait s’en étonner? Et quel besoin de l’expliquer par des motifs criminels? Mais, cette prépondérance , Bothwell ne la possédait pas. Le comte de Murray, dès qu’il avait vu ses complices , les assassins de Riccio , en fuite, s’était hâté de répudier près de sa sœur toute participation au complot; et celle-ci , bien peu semblable à la furie dont on nous parle , s’était empressée de lui accorder un plein pardon. Elle y associa les factieux qui avaient fui en octobre précédent avec lui , et qui avec lui étaient rentrés en Écosse, au moment où leurs amis tuaient Riccio et où les uns et les autres préparaient le même sort à leur souveraine. Pour toute peine, elle leur imposa de se tenir un mois dans leurs châteaux1. Ce temps expiré, elle leur rouvrit l’accès du conseil privé* et subit de nouveau le plein ascendant de son astucieux frère. Rien assurément ne pouvait être plus désagréable à Bothwell qu’une telle bénignité, en vérité difficile à comprendre. 11 en éprouva bientôt les déboires. S’il eut le crédit de sauver d’un juste châtiment (et en cela il agissait dans le sens de Murray et consorts) cinq des assassins de Riccio, entre autres Cockburn d’Ormiston, et les lairds deCnlder et d’Hulton, ses anciens ennemis’, il paya les frais du pardon que Murray obtint pour le comte de Glencairn , compagnon de sa révolte et de son exil; car il perdit dès ce mois de mars la pension de cinq cents marcs sur l’abbaye de Melrose , dans laquelle il avait été substitué à Glencairn quatre mois auparavant*.
Cependant la reine, ayant reçu le 21 avril les nouveaux serments d’allégeance de Murray, d’Argyle et de plusieurs