Chalmers, I, 265; III
LA FAVEUR DE BOTHWELL
Le 19 juin 1566, Marie Stuart mit au monde le fils qui devait un jour, réunissant l' Écosse et l’Angleterre, ouvrir un théâtre plus grand aux funestes destinées de sa race. Quatre jours après, arriva Killigrew, nouvel ambassadeur anglais, en remplacement de Randolph, dont Marie Stuart avait puni l’hostilité par l’expulsion. Dès le 24 juin, Killigrew écrivit à Cécil ses premières nouvelles avec des détails intéressants sur la cour. « Murray me fit dire de venir au sermon, où je trouvai les comtes d’Huntly, d’Argyle, de Murray, de Mar et Crawford, et je dînai avec les comtes d’Argyle et de Murray, qui tiennent ensemble la maison.... Les comtes d’Argyle, de Murray, de Mar et d’Athol, présentement à la cour, forment un parti ; le comte de Bothwell et le maître de Maxwell, avec leurs amis , en forment un autre opposé. Le comte de Bothwell et le maître de Maxwell sont tous deux sur les frontières d’Écosse, la reine ayant dans l'esprit qu’il se pratique quelque chose pour faire rentrer le comte de Morton pendant ses couches. Mais la vérité est que Bothwell ne se mettrait pas volontiers à la discrétion des quatre ci-dessua nommés, qui tous habitent le château. On pense et on dit qu’il a plus de crédit près de la reine que tous les autres ensemble, de sorte que je vois peu de confiance et de bonnes intentions entre eux. Le mari de la reine demeure aussi au château*. » Killigrew, sur le crédit de Bothwell, est évidemment l'écho des quatre ; ils se sont emparés de l’envoyé anglais; pour eux, Bothwell sera toujours trop puissant. Mais le contenu de la dépêche prouve fort bien que Marie est tout à fait dans leurs mains.
Buchanan va essayer aussi d’établir à sa façon, c’est-à-dire par des calomnies, que Bothwell est le maître.
Cinq semaines après ses couches, Marie, pour achever sa convalescence, se rendit par le Forth au château d’Alloa, situé sur cette rivière, au-dessus d’Édimbourg. C’était la rési- ' dence domaniale du comte de Mar.