‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 43 sur 257 · Miss Strickland, IV, p · texte numérisé non relu

Miss Strickland, IV, p

« ta reine, comme si elle craignait que sa faveur pour Bothwell ne fût pas assez éclatante, descendit un certain jour de grand matin avec deux compagnons au Port-Neuf, et monta sur un petit vaisseau qu’on avait préparé sans que personne en connût la destination. Ceux qui l’avaient équipé étaient Guillaume et Edmond Blackader, Édouard Robertson et Thomas Dickson, tous clients de Bothwell et pirates connus pour leurs brigandages. Accompagnée de ces bandits, à l’extrême étonnement des gens de bien, elle mit en mer, sans prendre avec elle aucun de ses ministres les plus honorables. Ayant abordé à Alloa, château du comte de Mar, elle se comporta pendant plusieurs jours comme quelqu’un qui aurait oublié, non pas seulement la majesté royale, mais la modestie qui convient à une femme. » Le roi, qu’elle n’avait averti de rien, suivit de son mieux par terre; mais « ce trouble-féte importun • (molestas voluplatum interpellator) fut trèsmal reçu. A peine laissa-t-on à ses gens le temps de manger; et on lui intima l’ordre de s’éloigner immédiatement1.

Histoire et pamphlet, tissus de mensonges. Marie ne quitta pas Edimbourg avant le 27 juillet, ainsi que le prouvent les dates de plusieurs actes du Conseil privé et des registres du sceau privé1. — Si le soin de disposer le navire échut à des clienls de Bothwell, c’est que Bothwell était grand amiral d’Ecosse; ses acolytes n’étaient pas des pirates, mais des officiers commandant les vaisseaux de la reine. Si Marie partit de grand matin, c’est que la marée n’attend pas. Elle ne partit pas seule et en mystère, comme pour une escapade de débauche ; car elle emmena avec elle les comtes de Mar, de Murray, tous ses ministres et les ladies Murray, Argyle et

1. Buchanan, Deteclio, p. 2, et lier. Scotic. hist., llv. xvm, p. 3’i8. Ce récit est condensé ainsi qu'il suit dans le journal de Murray : « 20 juillet ou environ, la reine Marie, fuyant la compagnie du roi, se rendit par eau avec les pirates à Alloa, où le roi, à son arrivée, fut rebuté. » Anderson, Collect., t II, p. 209.

Page 1