Chalmers, 1, p. 281, 284 et notes
100 LA FAVEUR DE BOTHWELL
que leur ciel fût exempt de nuages. Fantasque, faible et pourtant absolu, le caractère de Uarnley s’échappait souvent. Mais le mensonge de la Deteclio est énorme, d’avancer que la reine ne faisait aucun cas de son mari, qu’elle l’accablait d’atFronts et de misères, en élevant des querelles sur les sujets les plus futiles; qu’elle le laissait manquer de tout,, ne lui donnant pas même de quoi entretenir un petit nombre de serviteurs et de chevaux, et que, de cette manière, elle le réduisit à se reléguer tristement à Stirling, dans une sorte d'exil volontaire *. D’abord, cet exil est une fiction, puisque, pendant la première moitié de septembre, le couple royal habita Stirling, où ils avaient installé leur enfant. Quant au dénûmcnt du roi, les comptes du trésorier nous apprennent qu’il reçut, le 13 et le 31 août 1566, des fournitures pour la valeur de trois cents livres sterling, c’est-à-dire plus en un mois que la reine n’avait consommé dans les six mois précédents *.
Vers le 1 1 septembre, la question des finances pour l’entretien de la maison royale et de celle du prince nouveau-né, rappelant Marie à Édimbourg, Darnley refusa de s’y rendre avec elle. Il persistait dans l'entêtement de vouloir gouverner, en expulsant des affaires Murray et les siens. La reine, après l’expérience si fatale de l’incapacité de son mari et de la perverse extravagance où l’ambition pouvait l’entraîner, maintenait son frère au pouvoir ; car elle n’était pas en état de gouverner sans lui ni contre lui. Elle emmena donc seulement les comtes d’Argyle et de Murray, pendant que le berceau de son fils restait sous la garde de la comtesse de Murray. A ce voyage, elle reçut définitivement en grâce Lethington , qui recouvra sa charge de secrétaire d’État. Comme gage de paix, elle l’obligea de résigner au profit de