Deteclio, p
2. Chalmers, I, p. 287-288, note u. ,Voy. aussi la lettre de du Croc à Catherine de Médicis, Jedhurgh 17 octobre 15G6, dans Teulet : It dations politiques de la France et de l’Espagne arec V Écosse au seigième siècle, 1. Il, p. 290. Nous la citons plus bas, même chapitre.
Bothwcll quelques-unes des terres de l’abbaye d’Hadington Sans cela, elle n’aurait pu parvenir à les faire siéger simultanément au conseil.
De relour à Stirling le 21 septembre, elle donna audience à du Croc, nouvel ambassadeur de France, homme d’Age et de sagesse. Elle se proposait de ramener le roi avec elle à Edimbourg. C’était alors l’époque dite des vacations, du milieu d’août à la Saint-Martin, où la noblesse avait coutume de s'assembler pour délibérer sur les affaires de l’État ; et le Conseil privé jugeait la présence de la reine indispensable. Mais Darnley, piqué sans doute davantage depuis le pardon du secrétaire, fut plus réfractaire que jamais ; il la laissa repartir seule le 23 septembre. Du Croc resta près de lui. Marie Stuart s’établit à Holyrood, et non pas ailleurs, comme il résulte des archives du Conseil privé et des scènes qui se passèrent bientôt dans le palais. Ces faits sont constatés par deux dépêches de du Croc et par une lettre du Conseil privé à Catherine de Médicis; ils n’admettent pas le doute*. Nous allons voir pourtant de quelle façon Buchanan les a travestis.
La muse latine a des licences, et d’autant plus vives par la bouche de Buchanan. On devrait peut-être les épargner au lecteur français; mais il nous semble que dans ce procès que nous révisons, il faut avant tout parler franc et citer les pièces au vrai. Les nécessités d’une cause juste couvriront certaines nudités. Donc, voici le dire de l’accusateur :
« Lorsqu’elle (Marie) revint à Edimbourg, elle ne descen-
1. Miss Slrickland, V, p. 3, 7, d’après les Lettres de sir John Forslcr à Cécil. Berwick, 8 et 19 sept. 1560.
2. Keith, p. 345, Lettres de du Croc d James Bratnn, archer/que de Glasgow et ambassadeur de Marie Stuart en France, Jedburgh , 15 octobre 1566. — Tcu'ot, lielations politiques de la France et de l'Espagne arec l'Ecosse au seizième siècle, t. II , p. 289. Lettre de du Croc à Catherine de Médicis, Jedburgh 17 octobre 1566. — De même dans la collection du prince I.abânofT, t. I, p. 373. — Teulet, II, p. 282, lettres des seigneurs du Conseil prive' d’Ecosse à Catherine de Médicis , Edimbourg, 8 octobre 1368. — Chalmers, I, p. 284-287 et notes. — Miss Slrickland, IV, p. 377.
LA FAVEUR DE BOTHWELL
dit pas dans son palais, mais dans une maison particulière tout près de John Balfour; delà, elle passa dans une autre maison, où se tenait la réunion annuelle appelée les vacations. L’édifice était plus vaste, avec des jardins agréables; et près des jardins, des espaces solitaires. Mais elle avait encore un attrait d’un autre genre, bien plus séduisant. A côté, était l’habitation de David Chambers, client de Bothwell, presque contiguë par la porte de derrière aux jardins de la reine. Cette porte livrait passage à Bothwell, selon leur fantaisie. Qui ne sait le reste? Car la reine a confessé la chose même et bien d’autres au régent et à la mère du régent; mais elle rejetait la faute sur lady Reres, femme qui avait abjuré toute pudeur, ancienne maîtresse de Bothwell, et alors dans le service intime de la reine. Avec le déclin de l’Age elle avait quitté les plaisirs de la débauche pour le métier de pourvoyeuse. C’est par elle que la reine disait avoir été livrée; car Bothwell introduit à travers le jardin dans la chambre royale, triompha de force de la reine. Mais la Reres la livra-t-elle malgré elle? Le temps, père de la vérité, se chargea d’éclaircir la question. En effet, peu de jours après, la reine voulant, je pense, venger la violence par la violence, chargea la Itérés (qui savait par expérience ce que valait l'homme) , de le lui amener prisonnier. La reine donc et Marguerite Carwood, confidente de tous ses secrets, lui attachent une ceinture et la descendent par-dessus le mur dans le jardin voisin. Toutefois à la guerre, on ne peut jamais tout prévoir, ni se garantir tout à fait des accidents. La ceinture casse. La Reres, alourdie par l’âge et la corpulence, tombe avec grand bruit. Mais en vieux soldat, sans peur ni des ténèbres, ni de la hauteur du mur, ni de cette disgrâce inattendue, elle pénètre jusqu’à la chambre de Bothwell. Elle ouvre les portes, arrache l’homme de son lit, hors des bras de sa femme; et moitié endormi, moitié nu, elle le conduit chez la reine. Ces exploits consécutifs, non-seulement les gens de service chez la reine les ont avoués; mais George Dalgleish, valet de chambre de Bothwell, en a fait le récit
peu d’instants avant de subir sa peine ; et sa confession existe dans les Actes1 2 3. »
Ce que nous avons rapporté plus haut démontre suffisamment que la reine était venue dans sa capitale pour des raisons tout autres que de s’immoler à Bothwell, disons mieux pour des motifs où Bothwell n’entrait en rien ; qu’elle ne logea pas dans cette maison isolée puisqu’elle habitait Holyrood; et qu’elle avait pressé son mari de l’accompagner, ce qui ne cadre guère avec les projets libertins que lui prête la Üeleciio. Buchanan s’en réfère solennellement aux aveux de Dalgleish contenus, dit-il, dans les Actes. Or il y a deux confessions de Dalgleish, l’une abrégée, placée par Buchanan à la suite de la Dctcctio; l’autre, celle des Actes, publiée in extenso par Anderson* : ni l’une, ni l’autre ne renferment un seul mot sur les saturnales qu’a décrites l’infâme calomniateur. Croirons-nous davantage, sur la foi de ce misérable, que Marie Stuart ait conté plus tard ses infamies amoureuses au régent et à la mère du régent, c’est-à-dire à ceux qui l’avaient détrônée , qui la tenaient captive au château de Lochlevin, et ne cherchaient qu’à la déshonorer? Pour lady Reres que l’auteur traite si rudement, ce n’est pas encore le lieu de nous y arrêter*. Contentons-nous ici de remarquer qu’il convient de se défier du fait accessoire, quand la fausseté du fait principal est acquise.
Sur tout cela, on pourrait penser qu’il était inutile de décerner les honneurs d’une discussion à des ignominies que jadis la fureur de parti lança en aveugle, mais que les historiens contraires à la reine d’Ccosse, n’admettent plus dans leurs ouvrages , et dont par cela môme ils auraient fait justice. Mais ne maintiennent -ils pas néanmoins la thèse de la passion de Marie Stuart pour Bothwell? Cette thèse, ils l’ont reçue de Buchanan qui l’a soutenue le premier, et l'a étayée