Voy. ch. v, Examen des lettres attribuées à Marie Stuart
LA FAVEUR DE BOTHWKLL
sur les preuves que nous réfutons. Ont-ils le droit de la reprendre séparément de la démonstration, et d’affirmer en l’air que Marie Stuart aimait Bothwell? Il faut, ou bien admettre à la fois cet amour et les preuves que Buchanan a énoncées à l’appui ; ou le rejeter avec les prétendues preuves, à moins qu’on n’en ait découvert de nouvelles : mais c’est de quoi personne n’a parlé.
Nous arrivons à une autre scène qui n’a pas été moins défigurée. Pendant que Marie Stuart siégeait seule à Holyrood à la fin de septembre 1566 , pour les affaires de l’État, Darnley boudait à Stirling, voulant « estre tout et commander partout, » selon les expressions de du Croc. Parmi ses plaintes contre la reine et les seigneurs , il dit à du Croc qui le raconte à Catherine de Médicis (lettre du 17 octobre), « qu’il voulloit retourner comme il estoit la première fois quand il fut maryé. » L’ambassadeur essaya de lui ouvrir les yeux sur scs propres torts et sur l’impossibilité où était la reine, après l’offense qu’elle avait reçue de lui , de lui « remettre l’autorité qu’il avoit auparavant, et qu’il se doibt bien contenter de l’honneur et bonne chère qu'elle luy faict, le traictant et honorant comme le roy son mary, et lui entretient fort bien sa maison de toutes choses. » Il fallait en effet beaucoup d’aveuglement, pour ne pas comprendre qu’ayant participé au complot contre Riccio et Marie, il ne devait plus prétendre au moins pour un temps à la part principale dans le gouvernement, et surtout que son isolement opiniâtre à Stirling l’en écartait de plus en plus. De désespoir, il médita un coup de léte, et dit à du Croc qu’il abandonnerait l’Écosse et s’en irait au delà des mers. Du Croc fit de son mieux pour le dissuader, et ne le prenant pas au sérieux , partit pour Édimbourg. Tout à coup, le matin du 29 septembre, la reine reçoit une lettre du comte de LennoX; son fils l’avait fait venir de Glasgow, sa résidence habituelle, pour lui communiquer son projet de départ. Lennox disait n’avoir rien gagné sur la résolution du roi. Le même soir, grand fut l'étonnement de la reine, lorsqu’à dix heures, elle apprit que
son mari était à Edimbourg*. Constatons que cette visite, toute de surprise, la trouvait installée régulièrement à Holyrood, et non pas dans la maison des vacations (Échiquier), où Buchanan la place en ces mêmes jours. Au lieu de rendre humeur pour humeur, elle fit prier Darnley de venir près d’elle à Holyrood. 11 déclara qu’il n’irait pas, si elle ne renvoyait préalablement du palais trois ou quatre des seigneurs. Ce n’étaient pas moins que Murray, Argyle, Rothes et Maitland de Lethington. Au lieu encore de s’irriter, Marie alla le chercher et le ramena chez elle. Là, dans l’intimité conjugale, elle le pressa de lui expliquer les motifs de son voyage, sans en tirer de réponse. Le matin, elle manda le Conseil privé et du Croc. John Leslie, évêque de Ross, donna lecture de la lettre du comte de Lennox; puis la reine parlant avec douceur supplia Darnley, « puisqu’il ne luy avoit voullu ouvrir son cœur, la nuict , privéement , comme elle l’avoit très-instamment requis, pour le moings voulloir déclarer en cette compagnie , si , en quelque chose elle l’auroyt offensé » (lettre du Conseil privé). Elle ajouta qu’elle n’avait de sa vie fait acte où il y eût préjudice pour son honneur; que si elle l’avait offensé , c’était sans le vouloir. Elle lui prit les mains et le pressa « en l’honneur de Dieu » qu’il ne l’épargnât point, avec promesse de toute satisfaction. Comme il restait muet, les seigneurs et l’ambassa-
I. Notre récit est tiré : 1" de la lettre de du Croc d l'archevêque de Glasgow, Jedburgh 15 octobre 1566, dans Keith, p. 345-347 ; 2" de la lettre de du Croc à Catherine de Mcdicis , Jedburgh 17 octobre 1566, dans Teulet, t. H, p. 289-293, et Labanoff, l. I, p. 273-279 ; 3“ de la lettre des membres du conseil privé d' Écosse d Catherine de Uédicis , Edimbourg 8 octobre 1566: dans Teulet. H, p. 282 289, et dans Keith, p. 347-350; 4* de la lettre de ltobert Melril d V archevêque de Glasgow , Londres 22 octobre 1566; dans Keith, p. 350. La concordance des récits émanés de ces sources diverses en garantit l’exactitude. — Chalmers, U, p. 566-572. — Miss Strickland, IV, p. 371 et suiv. — I.es lords présents au conseil privé, au commencement d’octobre, étaient Hunlly, Argyle, Murray, Athol, Cathness, Rothes. l’atchevéque de Saint-André, les évéques .île Galloway, Ross, Orcades, Dunkeld, le secrétaire Maitland et les officiers d'Etat ordinaires. — la) 8, date île leur lettre, Bothweli était absent, aux frontières. Chalmers, 1, p. 290, note e, d’après les registres du Conseil privé.
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deur français , joignirent leurs efforts à ceux de la reine. Mais il se renfermait toujours dans une mauvaise humeur impénétrable. A la fin, du Croc lui représenta que ce départ devait porter atteinte à son honneur ou à celui de la reine ; à celui de la reine, si elle lui en avait donné occasion; au sien, si elle ne lui en avait pas donné. Il rompit le silence et déclara que « d’occasion il n’en avoyt poinct. — La royne dist qu’elle se contentoit, et aussi nous lui criasmes tous, écrit l’ambassadeur, qu’elle se debvoyt contenter; et je dis, suyvanl ma charge que je tesmoignerois partout à la vérité de ce que j’aurois vu et que je verrois1 » « Adieu, madame, dit sèchement Darnley, vous ne me reverrez de longtemps. ■> Et il alla retrouver son père à Glasgow, gardant tout prêt le vaisseau qui devait l’emmener, et par malheur ne mettant pas à la voile.
Il faut voir à présent ce que cela est devenu sous la plume des adversaires de Marie Stuart. Buchanan ( Deteclio , p. 3.): « Opiniâtre à aimer, le roi ne pouvait s’empêcher de revenir à Edimbourg; et, en essayant toute espèce de prévenances, il cherchait à regagner son ancienne faveur et à rentrer dans l’intimité de la vie conjugale. Mais exclu de nouveau, de la manière la plus insultante, il retourna d’où il était venu, comme un abandonné, pour y pleurer son malheur. »
Ce serait le cas de parler du projet de départ de Darnley; mais l’auteur le réserve pour une meilleure occasion qu’il place en janvier 1567. Darnley fut attaqué alors de la petite vérole, maladie qu’on n’a pas manqué de transformer en un empoisonnement commis par sa femme. Le roi triomphe du mal grâce à sa jeunesse et A la vigueur de sa constitution ; alors il songe prudemment à s’éloigner. « En môme temps (que la guérison du roi), la reine apprit qu’il se proposait de fuir en France ou en Espagne, et qu’il était en
1. Du Croc & Catherine Je Mêdicis. tt ajoute : « Nous demeurasmes auprès de la royne, votre belle-fille, qui fut fort bien consollée, et la priasincs Continuer d’estre Kiusjours sage el reri ueute, et de ne se attrister ny en ce s'ennuyer, et que la vérité seroit bien congnue partout. »
pourparlers avec des Anglais qui avaient un vaisseau stationné à l’embouchure de la Clyde. Quelques-uns conseillaient à la reine de le mander prés d’elle, et s’il refusait d’obéir, de le tuer publiquement; et il ne manquait pas de gens pour promettre leur aide. D'autres étaient d’avis d’exécuter le coup en secret. Tous s’accordaient sur ce point qu’il fallait en finir promptement, avant qu’il fût tout A fait rétabli. » Est-il possible de mieux prendre en flagrant délit le falsificateur de l’histoire? Car ce fut en septembre 1566, et uniquement à cette époque, que Darnley eut la pensée de s’embarquer pour le continent'.
Notre illustre contemporain, M. Mignet, ne nous paraîtpas, danscette circonstance, comme dans beaucoup d’autres, avoir jugé MarieStuarten esprit de justice (t. I, p. 243-245). « Le jour même (29 septembre) où la reine reçut la lettre du comte de Lennox, et où elle put croire que Darnley faisait déjà voile loin de l’Écosse, elle le vit arriver au palais d’Holyrood.... Marie assembla aussitôt les membres de son conseil et fit prier l’ambassadeur de France du Croc de se joindre à eux. En leur présence, elle eut une explication avec Darnley. Elle lui demanda hardiment pourquoi il voulait quitter l’Ecosse, et quelle raison elle lui en avait donnée. Darnley, qui était venu chercher un épanchement , et qui ne s’attendait point à subir un interrogatoire, resta interdit et muet.... Pressé par les lords et du Croc, il finit par avouer que Marie ne lui avait pas fourni de sujet de départ. C’était tout ce que voulait Marie Stuart. Elle avait arraché à son mari une déclaration qui la justifiait et qui la laissait désormais sans reproche vis-à-vis de lui, soit qu’il partit, soit qu’il restât. Aussi ditelle qu’elle s’en contentait. Après cette entrevue, qui n’avait pas répondu à l’attente de Darnley, et dans laquelle il n’y avait eu aucune sincérité des deux parts, puisque le roi n’a-
I. Les calomnies sur les voyages de Marie à Edimbourg, sont résumées on deux phrases dans le journal de Murray : - ï4 septembre. I-a reine logea 4 l’Echiquier et y reçut Bothwell. Le roi venant de Stirling fut chassé violemment. >>
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vait pas voulu avouer les causes de son mécontentement, et que la reine n’était pas disposée à les faire cesser, ils furent ensemble plus mal que jamais. » Nous exprimerons le regret queM.Mignet, qui sait si bien peindre les situations et ordonner ses récits, n’ait pas jugé à propos de retracer de plus près l’enchaînement réel et la physionomie des faits. Marie vit arriver Darnley à Edimbourg et non pas à Holyrood, ce qui est très-différent, puisque Darnley refusait de descendre à Holyrood, et que ce fut sa femme qui fit les avances en allant le chercher et en le ramenant chez elle. Gomme M. Miguel ne fait mention ni de cette démarche, ni de la nuit qui s’écoula en vains efforts de la reine pour obtenir des explications de son mari, et qu’il rapporte que Marie assembla aussitôt son conseil, le lecteur doit en conclure qu’il n’y eut de sa part aucun bon mouvement, et qu’en effet, elle s’empressa démettre le pauvre jeune homme sur la sellette. Lorsqu’il dit qu’elle lui demanda hardiment pourquoi il voulait quitter l’Écosse, il s’écarte absolument, sans indiquer ses motifs, des témoins oculaires qui nous la montrent douce et pressante. — Darnley, continue-t-il, était venu chercher un épanchement et ne s’attendait pas à subir un interrogatoire. — Il devait pourtant s’attendre qu’on lui demanderait quelles étaient ses raisons d’émigrer. — L'épanchement : mais ne l’avait-il pas eu dès son arrivée la veille au soir, puisque Marie épuisa les instances en particulier avant d’appeler le Conseil? C’est lui, muet avec l’obstination des enfants gAtés, mais non pas interdit, qui repousse tout épanchement. D’ailleurs, M. Mignet admet, d’après Knox, que le roi s’était tourné « vers le parti catholique avec l’espérance de s’en faire un appui, » et qu’il « écrivit secrètement au pape en dénonçant la reine comme attiédie pour la religion. » (I, p. 243.) Knox ajoute qu’il s’adressa aux rois de France et d’Espagne, que la reine avait eu des copies de ses lettres, et qu’elle aurait fait à son mari les menaces les plus fortes. « Dès lors il n’y eut plus eu entre eux la moindre apparence d’amour. » Nous pensons qu’on peut révoquer en doute cette affirmation de Knox, comme tant
d’autres. Ni la lettre du Conseil à Catherine de Mi’*dicis, ni la correspondance de du Croc, ni la lettre de Robert Melvil à l'archevêque de Glasgow, ne contiennent la moindre allusion à cet incident qui aurait dû retentir dans la situation. Si l’on regarde au texte de Tytler, on voit que cet historien n’est pas aflirmatifet qu’il se borne à répéter la version du réformateur. Quoi qu'il en soit, lorsque le brillant historien français croit à cette nouvelle trahison de Darnley, qui, après avoir conspiré contre sa femme avec les protestants, aurait conspiré avec les catholiques, comment adresse-t-il à Marie le reproche d’avoir été froide et sévère, ce que d’ailleurs elle ne fut pas? Affirmer ensuite que tout ce qu’elle voulait, c’était que Darnley avouât qu’elle ne lui avait pas fourni de raison de s’éloigner; qu’après lui avoir arraché cette déclaration, qui la justifiait vis-à-vis de lui, elle se hâta de répondre qu’elle s’en contentait; cela est-il bien conforme à l’équité? N’est-il pas naturel que toutes les voies de persuasion n’ayant abouti à rien; elle accepte, de guerre lasse, la déclaration qu’elle n’a point de torts personnels? — Mais la reine n’était pas sincère, puisqu’elle n’était pas disposée à faire cesser les motifs de mécontentement du roi, motifs que celui-ci ne voulait pas avouer. — Une reine peut causer à son mari des mécontentements de deux sortes, privés et politiques ; en trahissant ses devoirs de femme, ou en ne' lui accordant aucun rôle honorable dans les affaires. Comme épouse, Marie était irréprochable; nous l’avons prouvé. A la nouvelle que Darnley voulait la quitter, ne pouvait- elle pas supposer que ce jeune homme, fantasque et déraisonnable , avait un grief particulier de jalousie qui ne tiendrait pas contre une explication? quand il reconnaît qu’il n’en a point, n’a-t-elle pas le droit d’en prendre acte? 11 est fort digne de remarque que le nom de Bothwell n’est prononcé ni de part ni d’autre. C’est, ne nous lassons pas de le redire, une question purement politique. Darnley prétend l’impossible, à savoir d’être le maître du gouvernement. Et, en effet, était-il au pouvoir de Marie de cha-ser des affaires Murray, Maitland et autres personna-
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ges très-formidables, pou'r leur substituer le plus inepte des hommes, le plus décrié de toute l’ Écosse?
De Glasgow, Darnley s'expliqua par lettces à sa femme : c II touche deux points sur lesquels il fonde ses doléances; c’est que Sa Majesté ne lui donne l’auctorité et ne se donne pas si grande peine de l’advancer et le faire honorer au pais comme elle a fait du commencement ; l’autre qu’il n’est suyvy de personne et que toute la noblesse a abandonné sa compagnie. » (Lett. du Conseil privé à Catherine de Médicis.) La réplique n’était pas diflicile. Marie lui dit avec vérité, qu'il devait s’en prendre à lui seul de la position fâcheuse dont il se plaignait.
Il est surprenant combien peu de place Bothwell occupe dans les documents authentiques que nous venons d’employer, combien aussi leur caractère est exclusif d’intrigues amoureuses, tandis que chez Buchanan et son école tout est subordonné à cette passion adultère de Marie, dont les faits n’offrent pas la trace la plus légère.
Darnley avait fait montrede haine impuissante contre des hommes qui étaient déjà ses ennemis jurés ; et, pour comble d’imprudence, il venait de rompre publiquement avec sa femme. De la sorte, il s’était isolé, sans comprendre qu’il se découvrait à leurs coups. Nous savons que dès son arrivée en Écosse, avant son mariage, il avait dit comme on lui montrait une carte du royaume, que les domaines du comte de Murray étaient beaucoup trop grands 1 ; qu'il avait offensé aussi une foule de personnages ; que le 1" juillet 1565, Murray, Argyle, Rothes et le duc de Châtelleraut avaient tendu contre lui leurs filets, où toutefois ils ne prirent pas le gibier qu’ils guettaient; queRandolph prédit que chez un tel peuple, il ne fournirait pas une longue carrière ; qu’en effet, sans se déconcerter, les conspirateurs s’étaient remis à l’œuvre et l’ambassadeur anglais faisait part à Cecil, dès le 4 septembre suivant, que plusieurs nobles étaient résolus d'assassiner
I. Voy. oh. i, Randnlph à Cecil, Edimbourg, ?0 mars 1565. Keith, p. m.
Darnley Ensuite, cependant, ils avaient changé de tactique et enrôlé l’insensé parmi les assassins de Riccio. Mais sa rupture avec eux après le crime, sa passion à les dénoncer et à poursuivre leur ruine, son opposition absolue au rappe 1 de Morton, les remplirent de fureur. Lui, de son côté, les provoquait sans cesse par de nouvelles explosions de colère- Son dernier voyage à Edimbourg, l’intention affichée par lui d’exiger le renvoi des ministres, et surtout la destitution de Maitland de Lethington *, comblèrent la mesure. Ils résolurent de se débarrasser de lui. Le moment arrivait d’accomplir la prophétie de Randolph. Mais s’ils dominaient dans les conseils de Marie Stuart, ils n’y étaient pas seuls. Quoiqu’ils l’emportassent actuellement sur Bothwell, ils n’avaient pas oublié que deux fois déjà cet adversaire, redoutable dans les crises, avait fait avorter leurs desseins. Ils comprirent qu’il valait mieux le rattacher à leurs intérêts. Bothwell, de son côté, n’avait aucun motif de haine contre Darnley, et ce dernier n’avait jamais prononcé son nom parmi ceux qu’il détestait. N’avaient-ils pas souffert l’un et l’autre du crédit de Murray? Quant à la liaison de Marie avec le comte, liaison si bruyante dans Buchanan, il faut bien croire quelle ne l’était guère en Ecosse, puisque Darnley n’y lit jamais la moindre allusion. Le silence n’était pourtant pas dans son caractère. Ainsi pas de griefs personnels entre ces deux hommes. Ce fut par l’ambition que Lethington et Murray séduisirent Bothwell. Précédemment pour arriver au renversement de Marie Stuart et entraîner Darnley parmi les assassins de Riccio, ils avaient fait briller à ses yeux la couronne royale pour lui seul; cette fois pour parvenir au même but, et attirer Bothwell parmi les adversaires de Darnley, ils lui montrèrent, comme prix de son aide, la main de Marie et le pouvoir suprême. Bothwell , aussi aveugle que le roi, et fatigué sans doute d’être compté à la cour si fort au-dessous de Murray,
1. Rarulolph à Cecil, Edimbourg, 4 septembre 156s. Keith, p. 281.
2. Lettre de Robert Jfclvil à l'archeu’que de (ilcuyow, 22 octobre 1560. Keith, p. 350.
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cnrt acquérir, en qualité d’ami de ce dernier, l’influence qu'il ne pouvait pas gagner à titre d’ennemi; et il donna dans le piège, au fond duquel était sa propre perte. Ce pacte ne parait pas avoir été consigné dans aucun des actes écrits, familiers à la noblesse d'Ecosse sous le nom de bmds; mais il résulte des faits ultérieurs avec évidence En tout cas, le 1" octobre 1566, fut scellé, avecradhésiondescomtesd’Huntly et d’Argyle , un contrat secret de réconciliation entre Bothwvll et Murray *.
Ici donc Bothwell rompt avec sa conduite antérieure, conduite qui n’a pas été sans honneur. Il devient l’ami et le complice de ses ennemis contre Darnley ; bientôt il sera leur victime. D'autre part, jusqu’à présent l’innocence de Marie Stuart nous paraît hors de conteste : la suite des faits, la catastrophe finale approchant, n'infirmera pas les résultats que nous nous croyons fondé à considérer comme acquis.
1. Camden, Annales rerum Anglicarum et II ibernicarum régnante Elisabitlia, t. I, p. 114, Londres, 1615.
2. Goodall, II, p. 321, 322, Réponse du comte de Slurray à la protestation des comtes d'Ilunlly et d'Argyle.