‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 56 sur 257 · Keith, Append., p · texte numérisé non relu

Keith, Append., p

ner son mari et l’impossibilité de satisfaire ce dernier, elle se trouvait aux prises avec un problème insoluble et y consumait santé et courage. « La reine, dit du Croc1 2, est à présent à Craigmillar, éloigné d'environ une lieue de cette ville (d’Édimbourg). Elle est dans les mains des médecins, et je vous assure qu’elle n’est pas bien. Je crois que le plus fort de son mal est un chagrin profond. 11 semble impossible de l’en distraire, et toujours elle répète ces mots: « Je voudrais « être morte! » — Elle regrettait d’avoir guéri à Jedburgh. Darnley parut à Craigmillar et y passa une semaine (26 novembre — 3 décembre). Mais ils s’aigrirent davantage; lui, toujours aussi exigeant et déraisonnable; elle, ne voulant ni ne pouvant lui livrer le pouvoir et tourmentée d’une déliance maladive. Il pria du Croc de venir lui parler à une demilieue d’Édimbourg. « Je trouvai, dit l’ambassadeur à l’archevêque de Glasgow, que les choses vont de mal en pis.... Pour vous dire ma pensée franchement, je n’espère plus, d’après plusieurs motifs, que la bonne entente se rétablisse entre eux, à moins que Dieu n’y mette la main. Je vous dirai deux raisons seulement: la première, que le roi ne voudra jamais s’humilier comme il le devrait; la seconde, que la reine ne peut pas voir un noble parler avec le roi, sans les soupçonner de quelque intrigue.’ »

Une autre question encore les divisait : c’était celle du baptême de leur fils. Charles IX et le duc de Savoie Philibert- Emmanuel avaient accepté d’être parrains; Élisabeth, d’être marraine. La noblesse d’Écosse, réunie à Edimbourg au commencement d'octobre, lorsque Darnley s’obstinait dans ses bouderies de Glasgow, avait voté un subside extraordinaire, car Marie désirait donner beaucoup d’éclat h cette fête. L’acquiescement gracieux d’Élisabeth lui avait causé une grande joie. Elle saisissait toute occasion de lui remuer le cœur en faveur de cet enfant, rejeton unique des deux familles des

1. lettre à l’archevêque de Glasgow, Edimbourg, 2 décembre 1566, dans Keith, prêt., p. vu. Keith n'a donné que la traduction anglaise.

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