Ullre d l'archevêque de Glasgow, 2 décembre, déjà citée
LES ASSISES DE JEDDURGÜ
Stuarts et des Tudors. Mais Darnley, qui était à lui-même son idole, fut éclairé par l’amour-propre. Élisabeth ne lui avait jamais pardonné, elle l'affectait du moins, de n’avoir pas tenu compte du veto qu’elle avait mis à son mariage avec Marie Stuart, quoiqu’elle eût elle-même mis ce mariage en avant. La conduite d’Elisabeth avait été à cette époque un tissu d’artifices inexplicables. Depuis, elle avait toujours parlé de Darnley comme d’un sujet rebelle, ou bien elle le désignait sous le titre de mari de la reine d’Écosse. Constamment, elle lui avait refusé le titre de roi, et même elle prétendait qu’il n’était son parent que par bâtardise1. Darnley donc craignait quelque offense de ce côté, dans la cérémonie qui se préparait; et comme chez lui l’orgueil avait de beaucoup le pas sur les sentiments de l’époux et du père , il déclarait par avance à Marie qu’il n’assisterait pas au baptême*. Ainsi, désolée comme femme et comme reine, elle était blessée encore dans ce qu’une mère a de plus cher. Voilà ce qui lui arrachait les cris de désespoir, que l’on interprète injustement comme l’explosion de son amour pour Bothwell , et comme une malédiction contre la chaîne qui la rivait à un autre homme. Darnley quitta brusquement Craigmillar. Il s’établit à Stirling, dans la maison d’un particulier nommé Willie Bell, et non pas au château, à cause de la haine qu’il nourrissait contre le gouverneur, comte de Mar, et contre la comtesse \
Iæ malheureux ne se doutait pas qu’il venait de trancher lui-même le nœud de sa destinée. Alors en effet les trames qui s’essayaient autour des deux époux , prirent leur direction définitive.
1. labanofT, t. VII, p. 63. lettre de Paul de Faix <1 Charles IX, Londres, 17 aoilt 1565. — Toulet, II, p. 215, indique la date du 12 août.
Marguerite Douglas, mfcre de Darnley, était fille légitime de Marguerite Tudor, sœur d’Henri VIII. Il n’y avait point de bâtardise. — Darnley ne devint le cousin d'Elisabeth qn’aprés qu’il eût été assassiné. LalianofT, l. VII, p. 102 et note. lettre d ’Flùabeth d Marie, Westminster, 26 février 1667, et p. 57. Paul de Foix d Catherine de MJdicis , Londres, 22 août 1565.
2. Lettre de du Croc à l’erchciétfue de Clasgoui , 2 décembre 1566, dans Keith, préf., p. vil.