I.ES ASSISES DE JEDBURGH
dans lesquelles ces faits furent articulés fermement. 4«s signataires appartenaient aux deux religions; et sur les cinq commissaires, quatre étaient protestants *.
L'historien Camden qui, comme on sait, vécut dans la familiarité de Gécil et eut communication de tous les papiers de ce minisire, admet sans balancer l’authenticité de la protestation *, de même qu’il affirme l'innocence de Marie Stuart. Ainsi nous sommes en droit de ne pas nous arrêter aux scrupules de M. Mignet, lorsqu’il dit, à propos de la suggestion de divorce (t. I, 250) : « S’il en faut croire un récit fait sous l’inspiration et dans l’intérêt de Marie Stuart, » et plus bas : * Selon la version des amis de la reine, il (Lethington) s’en ouvrit également à Murray, qui l'écouta sans le repousser. » D'abord, ce dernier point n’est pas tout à fait exact. Les documents originaux ne nous représentent pas le secrétaire allant trouver Murray en premier lieu , pour le convertir à son idée, et les autres personnages après lui. Mais tous deux prennent l’initiative ; ils entrent ensemble chez le comte d'Argyle ; et quand celui-ci est persuadé, sauf certaines réserves, tous trois envoient chercher le comte d’Huntly. C’est dans la conversation devant la reine, que Murray écoute sans rien repousser. La forme dubitative employée par le dernier historien de Marie Stuart donnerait à croire qu’il n’admet pas cette version, et qu’il va en produire une autre, la vraie selon son opinion. Mais celle-ci, on la chercherait inutilement dans son livre ; et sa narration subséquente procède exclusivement de ce récit, dont il a paru d'abord contester la valeur.
Nous n’en avons pas encore fini avec ce séjour de Craigmillard. Que le lecteur |e s'impatiente pas de la lenteur de notre marche. Réfléchissons combien cette histoire est épineuse, et de quelles précautions doit s’entourer celui qui vient s’inscrire et contre les hommes que la haine de parti a jadis inspirés, et contre les écrivains qui ont revêtu de la
1. Gootlall, t. tt, p. 354. 359 , 366. — Miss Strickland, t. VI, p. 391 , 402.