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Knox, Hist. de la ri formation, p

LES ASSISES DE JEDBURGH

pour relever le catholicisme, il faudrait d’autres preuves qu’une simple affirmation. Il pactisait avec l’ambition, même avec le crime; mais les faits l’ont déjà démontré, il ne pactisait pas avec l’Église de Satan ; la suite le démontrera derechef. « Son motif, plus criminel encore, » serait l’intention d’assassiner le roi pour épouser la reine, et, dans ce cas, de divorcer préalablement avec sa femme, la catholique lady Gordon. Il nous semble qu’on fait ici une confusion sur les prérogatives de cette cour consistoriale. L’Église protestante semeut parce que la juridiction de l’archevêque, telle qu'elle vient de renaître, s’exercera sur toutes les personnes du diocèse sans distinction, et qu’elle amènera au pied du tribunal ecclésiastique les protestants aussi bien que les catholiques. Quant à ces derniers, il va de soi qu’ils resteront comme auparavant soumis à la juridiction canonique, et que les annulations de mariages contractés par des catholiques seront toujours du ressort de l’archevêque. Bolhwell, s’il médite déjà son divorce, n’a donc nul besoin d’innover sur ce point. A la rigueur, nous aurions pu nous dispenser de discussion et produire tout de suite l’extrait suivant de la lettre de Bedford à Gécil (9 janvier 1567) : « L’archevêque de Saint- André avait obtenu dernièrement de la reine le droit d'user d’une certaine juridiction, dans divers cas, conformément aux lois canoniques. Elle pensait ériger cette cour à Edimbourg; mais comme cela fut trouvé contraire à la religion, et que les habitants étaient mécontents, la reine, sur larequête de milord de Murray, voulut bien révoquer ce qu’elle venait d’accorder audit archevêque*. » Ainsi la chose fut établie et défaite presqu’en même temps; et là où l’on parle de l’influence irrésistible de Bolhwell, nous trouvons une fois de plus celle de Murray. Voilà un dominateur qui ne domine guère.

Vers la fin de décembre, Marie, pour se distraire de ses

I Chalmers, t. III, p. 108, 109 et 231 . — Voy. aussi sur toute cette affaire Keith, p. 56G, 570.

soucis, visita quelques châteaux des environs de Stirling, ceux de lord Druminond le 28, de lord Tullibardine, son chambellan, le 31 décembre. Ges dates sont celles de différents actes qu’elle rendit chez ses hôtes, d’où il résulte qu’elle voyageait avec sa chancellerie, coutume générale du seizième siècle ; et que, par conséquent, le journal de Murray ment sur ces excursions lorsqu’il dit : « 24 décembre. Ils (Marie et Bothwell) s’en allèrent à Drymen, chez lord Drummond (milord Bedford étant parti la veille pour Saint-André), et ils y restèrent cinq jours.... — 31. ils retournèrent ensemble à Stirling et y restèrent jusqu’au 14 janvier. » Bûcha-' nan tonne aussi contre les scandales immondes dont ils firent spectacle huit jours durant, à Drummond et à Tullibardine : calomnies comme pour le voyage de Jedburgh. Ils ne passèrent pas davantage la première quinzaine de janvier 1567 ensemble à Stirling ; car la signature du comte fait défaut dans les actes du Conseil privé, aux séances du 2 et du 10 janvier 1567. Présent à Stirling, il n’eût pas manqué de prendre sa place parmi les conseillers de la couronne. James Melvile, alors à la cour et ami de Murray, ne parle pas de Bothwell à ce moinent-là. De même, les lettres de Bedford, du 30 décembre et du 9 janvier, sont muettes. Comment un scandale si criant aurait-il échappé à des yeux si clairvoyants, à des plumes si venimeuses '?

Le comte de Bedford, après avoir passé une semaine à Saint-André avec Murray, qui régala et fêta de son mieux le représentant du gouvernement anglais, patron infatigable de tous les conspirateurs d’Écosse, revint le 1" janvier à Stirling, où l’attendait la reine, revenue de Tullibardine. Il eut son audience de congé le 5, et, le lendemain, reprit le chemin de Berwick1 2.

Nous voici à l’entrée de la sombre année 1567. Avant de

1. Chalmers, t. I, p. 309, 310 et note q; t. Il, p. 545, note l; t. III, p. III. — Goodall, t. I, p. 322. — Keiül, p. 363 , 364 et 570.

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