I. Teulet, Lettres de Marte Stuart, avertiss. , p. xiu
154 LES ASSISES DE JEDMJRC.H
chons si, pour pénétrer dans les sentiments intimes de Marie
Stuart, l’histoire ne nous fournira pas quelque lumière.
Lorsqu’une réaction populaire ramena Marie dans sa capitale, après le crime des grands et de Darnley contre Riccio et contre elle-même, elle commença par accorder à son mari un plein pardon pour toutes les trahisons dont il avait pu se rendre coupable, « afin, disait-elle, que si elle venait à mourir et que l’on dirigeât des poursuites contre lui, il fût en mesure de plaider le pardon et d’en administrer la preuve » Klle s’occupe donc de le mettre à couvert après elle; car elle est grosse de six mois, et à la suite d’une telle secousse, le travail de l’enfantement pourrait se terminer par la mort, la mort dans laquelle il aurait une part écrasante de responsabilité. Le terme redouté s'avance; l’idée que la catastrophe d'Holyrood en entraînera une autre pour la mère et l’enfant, est présente à tous les esprits. Marie se prépare, elle tait son testament*. Elle dresse la liste de ses bijoux, en inscrivant à côté de chacun le nom de la personne à laquelle elle le destine, avec cette réserve finale : * J’entends.... c’est ainsy soyt exécuté au cas que l’enfant ne me survive ; mays si il vit, je le foy héritier de tout. » Il y a des legs pour ses parents de France, pour son ancienne gouvernante, pour les quatre Marie (Livingston, Fleming, Béton et Seton), les comtes et comtesses de Murray, de Mar, de Lennox, les comtes d’Huntly, de Bothwell, d’Argyle, les comtesses d’Argyle et de Bothwell, en un mot pour tous ceux de sa cour et de sa maison qu'elle croyait ses amis. Les dons « Au Roy * sont de beaucoup les plus nombreux et les plus magnifiques. A la page des <■ bagues pour les doights, » on lit à demi effacés par les larmes, ces mots : « Souvenances pour mes âmes biens amis; » en première ligne: * Au roi, un anneau en diamant émaillé de rouge. » Vis-à-vis , elle a écrit : « C’est celui