‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 73 sur 257 · Miss Strickland, t. VII, p · texte numérisé non relu

Miss Strickland, t. VII, p

Darnley, irrité de la grâce de Morton, avait ainsi quitté de nouveau la reine et porté son dépit près de son père à Glasgow (tin de décembre 1566). Il tomba malade dans les premiers jours de janvier 1567. Si nous demandons à Buchanan de quel mal, la réponse est immanquable : « Le roi n’était pas à un mille de Stirling1, quand une douleur si violente envahit toutes les parties de son corps, qu’on y reconnaissait bien les effets non d’une simple maladie, mais d’un crime de la main des hommes. La preuve, c’est qu’à Glasgow des pustules livides sortirent de tous côtés, avec de telles douleurs et des souffrances si générales, qu’il respirait à peine, comme un homme à l’extrémité. Et la reine ne voulut pas même souffrir qu’un médecin se rendit près de lui I »

On se doute bien que l’histoire d’Écosse du même auteur confirme la DeUclio.

Là aussi, la reine empoisonne son mari au départ de Stir-

1. Le journal de Murray, les mémoires de Crawford et l’histoire d’Holinshed s’accordent Adiré que la maladie n’éclata qu'à Glasgow. Mais Buchanan change les choses et suppose une explosion immédiate au sortir de Stirling, pour mieux prouver l'empoisonnement. (Keith, p. 3G4 et note a.)

ling, pensant que, s’il meurt loin de la cour, le crime en sera mieux caché. Mais la rapidité du mal trompe ses combinaisons. * On demanda le médecin de la reine; elle lui défendit d’y aller, par la double crainte qu'il dérobât le malade à la mort, et qu’il y eût trop de monde pour constater les signes du poison »

L’accusateur, à force d’assurance, ébranle Robertson ; mais les documents de l’époque renversent encore une fois son échafaudage. Le comte de Bedford, parti d'Édimbourg !e 6 janvier 1567, écrit de Berwick le 9 à Gécil : * Barnley est malade de la petite vérole à Glasgow; la reine lui a envoyé son médecin pour le soigner. » Drury, prévôt de Berwick, mande à Cécil le 23 janvier, que Glasgow est un foyer de petite vérole, et qu’il a entendu dire que la reine compte ramener Darnley à Edimbourg, aussitôt qu’il pourra supporter le froid de l’air2.

Nouvel exemple de la vérité dite d’abord avec simplicité, avant que la calomnie se soit emparée des faits pour les fausser systématiquement.

(Jue dans des siècles où un prince ne pouvait pas être frappé de mort subite ou d’une maladie extraordinaire, sans que l’on criât au crime, quelques-uns dans le peuple aient cru d’abord au poison, cela se comprend. Mais que Buchanan, parfaitement informé, se soit avili à de telles impostures, c’est un de ces faits qui ne peuvent que déshonorer en face de la justice et de la postérité, la faction qui n’a pas rougi d'employer ces armes méprisables.

Si Marie avait été la femme luxurieuse, hypocrite et atroce que l’on dit, ne lui eût-il pas été facile de dépêcher près du malade qui se confiait à elle, quelque émissaire de mort ? Bien peu alors guérissaient de la petite vérole. Uuelle occa-

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