‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 8 sur 257 · I. Tytler, L V, p. 112, édit · texte numérisé non relu

I. Tytler, L V, p. 112, édit

14 COMMENCEMENTS DE BOTHWELL

nation n'avaient pas su conquérir sous les retranchements de Leith. Une première convention, signée le 5 juillet à Edimbourg, porta démolition de Leith et retraite immédiate des troupes françaises et anglaises1, Le lendemain, une seconde pièce, appelée paiK d’Edimbourg, stipula le rétablissement des bons rapports entre la reine d’Angleterre et les souverains de France et d’Ecosse. François II et Marie Stuart renonçaient dorénavant (pour tous les temps à venir) à porter le titre et les armes des royaumes d’Angleterpe et d’Irlande. Un autre point encore plus grave, malgré cet inconvénient d'une renonciation perpétuelle, c’est que Cécil exigeait la mention et la confirmation du traité de Berwick, tandis que les commissaires français déclaraient que leurs instructions leur interdisaient d’y faire allusion. Le ministre anglais prit un détour, et l’on mit que Dieu ayant incliné le cœur du roi très-chrétien et de la reine Marie à manifester leur clémence et leur bénignité envers leur peuple et noblesse d’fxosse, ils avaient, par leurs commissaires, donné leur assentiment à certaines suppliques et pétitions présentées par lesdits peuple etno'desse, tendant à l’honneur de la couronne, au bien public du royaume et à la continua tion de leur obéissance. On ajouta que le roi et la reine, désirant que leur bénignité fût attribuée aux bons offices de la reine Elisabeth, leur très-chère sœur et alliée, dont l’intercession et la requête les avaient fait pencher de ce côté, il étaitconvenu qu’ils exécuteraient toutes les choses que leurs commissaires avaient accordées en leur nom à la noblesse et au peuple d’Kcosse à Edimbourg, le 6 juillet de la présente année 1560. Ainsi, quoique le traité de Berwick ne fût pas nommé, il n’en était pas moins sanctionné dans son esprit et son objet essentiel, puisque l'on maintenait ouverte la porte par laquelle Elisabeth était intervenue déjà dans les affaires intérieures d’Ecosse. C’est ce que Cécil appela manger l’a-

I. La paix d'Edimbourg permit aux Français de laisser une garnison il Dunbar et à Inch-Keilh, petite Ile de l'embouchure du Forth. On en fixa le nombre à cent vingt hommes.

mande et laisser la coque aux Français1 2. Les concessions aux nobles, indiquées ù la fin de cet article, furent consignées dans un acte à part, sous la môme date ; « Plus de soldats français ni étrangers en Écosse, sauf deux garnisons de soixante hommes chacune , à Dunbar et à Inch-Keith ; convocation d’un parlement pour le 1er août, dont on avertira le roi et la reine, avec prière d’y consentir ; et celte assemblée sera aussi valable que si elle avait été convoquée de leur exprès commandement. Le souverain ne pourra pas faire la guerre ni la paix, sans le consentement des trois états du royaume, selon les lois et coutumes du pays; il sera formé un conseil de gouvernement de douze membres, dont sept h la nomination de la reine, cinq à la nomination des états, sur une liste de vingt-cinq candidats dressée par les trois états; point d’étrangers dans les fonctions publiques; exclusion donnée au clergé pour les offices de trésorier et de contrôleur; amnistie générale; plus de réunions des nobles en armes, excepté dans les cas approuvés par les lois et coutumes du pays (exception qui détruisait la règle); réintégration du duc de CMtelleraut, du comte d’Arran, et en général de tous les Écossais dans les terres et avantages dont ils jouissaient en France. » Quant aux affaires de religion, les commissaires n’ayant pas voulu en traiter, plusieurs personnes de qualité devaient être chargées d’aller exposer au roi et à la reine la situation des choses !.

Élisabeth n’avait pas permis qu’il fût question des affaires religieuses dans ce traité, pas plus que dans celui de Berwick. Elle s’en tenait au rôle de protectrice des libertés politiques de l'Ëcosse et n’ignorait pas que ses protégés feraient le reste. En effet, le parlement s’assembla de lui-même, le 1" août, sans convocation royale. Le 17, il déclara le catholicisme supprimé sous peine de confiscation, de bannissement ou de mort pour les contrevenants, selon les récidives;

1. Lettre de Cécil et Wotton à Élisabeth, 8 juillet 1 jtil). — Tytler, t. V , p. 1ÎR , édit. 184i.

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