‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 9 sur 257 · Voy. ces traités dans Keith, p · texte numérisé non relu

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16 COMMENCEMENTS DE BOTHWELL

et il constitua l'Église presbytérienne sur la base de l’élection populaire'.

C’est ainsi que l’Ecosse se transforma en une véritable république, aristocratique politiquement, démocratique en religion; la vieille alliance avec la France fut rompue, et remplacée par l’alliance et la tutelle de l’Angleterre. Désormais, Élisabeth sera plus reine en Écosse que Marie Stuart. Cécil eut raison de féliciter sa souveraine en ces termes : « Ce traité n’ajoutera pas un faible accroissement à l’honneur des premiers temps de votre règne ; car, il vous procurera enfin cette conquête de l’Ecosse qu'aucun de vos ancêtres, avec toutes les batailles gagnées, n’a jamais pu obtenir, c'està-dire les cœurs et la bonne volonté de la noblesse et du peuple, bien préférable pour l’Angleterre aux revenus mêmes de la couronne » Effectivement , les lords écossais remercièrent Élisabeth de ce qu’elle avait pourvu à la liberté et à la sûreté de leur pays ; le royaume, dirent-ils, lui était plus redevable qu'à sa propre souveraine *. Ils auraient voulu lui devoir davantage encore , c’est-à-dire la couronne royale pour le propre frère de Marie, le lord James, qui la convoitait ardemment. Nicolas Throckmorton , ambassadeur d’Angleterre en France, avait écrit dès le 26 juillet 155ï> à Cécil, qu’on l’avait instruit secrètement qu’il y avait un parti en Écosse pour placer le Prieur de Saint-André sur le trône d’Écosse (tn the staïc o\ Scotland ) ; et que le Prieur lui-même y aspirait par tous les moyens en son pouvoir *. Faut-il un témoignage plus élevé encore? Voici Élisabeth en personne :

« Il est bien connu, disait-elle plus tard dans ses instructions au comte de Shrewsbury, qu’avant la conclusion du

1. Les Écossais étaient sous la direction de l’Angleterre à un tel point que non-seulement ils no faisaient rien sans la consulter, mais qu’ils reçurent de Cécil le modèle tout fait de l’acte qui fut voté à ce parlement. — Tytler, t. V, p. 150, édit. 1845.

2. Lettre do Cécil et de Wotton à Élisabeth, 8 juillet 1560. — Tytler, t. V, p. 128, édit. 1845; Mignet, t. 1, p. 82.

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