I. 'accusation d’empoisonnement du roi est ridicule et in
soutenable. La manière dont se fait la correspondance entre les deux amants est en contradiction et avec les lettres ellesmêmes, et avec les autres documents présentés pour les appuyer. Ainsi Bothwell veut et ne veut pas à la fois que Marie lui écrive. Il est dans trois endroits simultanément selon les lettres, le journal de Murray et la confession de Paris. Ce Paris devient contre toute vraisemblance et par les moyens les plus puérils, le centre, le moteur et le surveillant de la trame entière. Enfin les dates telles qu’elles résultent de la première lettre créent un véritable chaos, où toutes les parties de J'édiüce se disjoignent. Pour finir, la Detectio, YActio, la déposition deCrawford, le journal de Murray, la deuxième confession de Paris, les lettres à Bothwell constiluent un fout. Nous avons établi que la Dcteciio, l’Acfio, le journal de Murray mentent constamment, que la déposition de Crawford et la confession de Paris portent des signes manifestes de falsification. Les lettres, qui contiennent les mêmes faits présentés sous le même aspect pour le même but, ne peuvent être aussi que des pièces supposées. D’ailleurs, qui sont ceux qui les produisirent pour accuser Marie Stuart du meurtre de son mari? Les mêmes hommes qui, par la suite, furent condamnés pour avoir été les auteurs de l’assassinat. Plus d'une preuve de la fausseté de ces lettres viendra encore s'oflrir d'elle-même dans la suite du récit.
Outre « les lettres missives, » nous savons que la providentielle cassette contenait « des contrats ou promesses de mariage, des sonnets ou poésies amoureuses, et toutes autres lettres échangées » entre la reine et le comte de Bothwell : c’est du moins ce que spécifie le reçu que le comte de Murray donna au comte de Morton, le 16 septembre 1568, lorsque à l’approche des conférences d’York, Morton lui remit la cassette qui devait être aussi du voyage en Angleterre'. Une dépêche de Murray, postérieure d'un an (15 octobre 1569),