Sonn., IV
On n’a pas assigné de dates à ces plates élucubrations. Mais d’après la peinture de la douleur de Jane Gordon, quand elle s’aperçoit tardivement qu'elle a méconnu le bonheur qui va être perdu pour elle, on ne peut les placer qu’au moment où Bothwell en vient au divorce, c’est-à-dire vers la lin d’avril 1567.
L’authenticité des stances ne nous paraît pas plus admissible que celles des lettres. Nous persistons à soutenir qu’entre l’auteur des sonnets et Marie Stuart il y a un abîme pour les pensées et pour le style. De plus, la fraude est manifeste en plusieurs endroits. Au tableau des plaintes, des lamentations de lady Gordon, et de ses efforts désespérés pour retenir le mari qui la quitte, nous pourrions opposer le silence de l’histoire. En fait, lady Jane paraît s’être décidée aisément. Elle accepta un domaine comme compensation et s’unit bientôt à un autre époux1. En aucun temps, elle ne se plaignit de Marie Stuart.
Nous irons tout de suite, et nous nous y bornerons, à deux passages décisifs. Dans le u* sonnet, Marie dit de Bothwell •
Entre ses mains et en son plain pouvoir,
Je mets mon fils, mon honneur et ma vie,
Mon pals, mes subjets....
Son lils ! nous voici en pleine Detectio. C'est là que cette mère dénaturée veut d’abord verser du poison à son premierné. Comme elle ne réussit pas, elle ramène l’enfant de Stirling à Edimbourg : elle sera du moins maîtresse de le livrer à celui qui a tué le père. — Est-il nécessaire de dire que cette pensée abominable n’exista jamais que dans le cerveau des calomniateurs? La preuve , c’est que, dès le 19 mars 1567, Marie avait placé son lils à Stirling, sous la garde du comte de Mar, oncle de Murray, par conséquent à l’abri des entreprisesde Bothwell*. Commentdonc pourrait-elle dire vers le temps du divorce, à la fin d’avril, qu’elle a mis l’enfant dans
t. Voy. chap. rai.