‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 95 sur 257 · Miss Slrickland, t. V, p · texte numérisé non relu

Miss Slrickland, t. V, p

î. Confession de Morton sur Téthafa ud en lfi81, dans Chalmers, t. III, p. 433-4. — l.ettre d Archibald Pnugias A Marie Stuart en 1584, dans Robertson, Append., n* 47. Miss Slrickland, t. V, p. 87 etsuiv.

L’ASSASSINAT DE DARNLEY

firme qu’il répondit encore par un refus péremptoire, tant qu’il n’aurait pas l’écrit de la reine, qu’on lui avait promis; et, dit-il pour la seconde fois, cet écrit ne lui fut jamais apporté. Cette affirmation réitérée est du plus grand prix'.M.Mignet, néanmoins, ne se prononce pas (t. I,p. 257). « Bothwell s’était-il trop avancé en se prévalant à tort du nom de Marie, ou bien Marie se refusait-elle seulement par prudence à laisser voir sa complicité? » Nous croyons pouvoir être plus hardi. Quand Bothwell, sans se lasser, pressait de nouveau Morton par lettres à Saint-André, ne devait-il pas avoir alors en sa possession les quatre lettres que sa maîtresse lui avait écrites de Glasgow? ne suffisait-il pas de les communiquer au conspirateur récalcitrant pour faire tomber aussitôt ses hésitations? Quelques mois plus tard, Morton jugera les mêmes lettres très-convaincantes contre Marie Stuart; assurément elles l’eussent contenté en février. 11 faut donc croire que Bothwell avait usurpé le nom de la reine, qu’il n’avait aucun écrit de cette princesse à produire, et conclure par un argument de plus contre l’authenticité des lettres.

On doit, sans aucun doute, rattacher à la conjuration les bruits répandus pendant la première moitié de janvier contre les plans insurrectionnels de la cour de Glasgow, et les efforts

1 . Morton déclara aux ministres qui l’assistaient près du billot, qu’il n’avait pas déconseillé le complot. « A qui, poursuit-il, l'aurais-jc révélé? A la reine? Elle était de l'affaire. J'eus la pensée de le révéler au roi; mais je ne l’osai pas , parce que je mettais ma vio en danger. C’était un enfaut à qui l’on ne pouvait rien dire qu’il ne le redit aussitôt à la reine. Je connaissais d'avance le complot, et je le cachai, parce qu'il y allait de ma vie à le révéler & qui que ce fût. »

Un homme cependant aurait pu recevoir ses confidences : c'était le mari de sa cousine Marguerite Douglas, le père même de Darnley, le comte de Lcnnox, alors brouillé avec Marie Stuart. Celui-ci était capable de garder un secret, c’est-à dire de taire le nom du révélateur. 11 n'y avait pas de querelle entre Lennox et Morton. Ils étaient tous deux du même parti hostile à la reine. C'est bien volontairement que le dernier livra son jeune parent à sa destinée. 11 est difficile de concilier la déclaration que la reine était dans l'affaire avec l’impossibilité où fut Bothwell de montrer d’elle aucun écrit, et avec le message de Lethingtou qu’elle n’avait voulu entendre parler de rien. Miss Strickland établit que la confession de Morton est loin d’être loyale (t. V, p. 97-103).

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des ministres de Marie pour obtenir d’elle un ordre d’arrestation contre le roi. Précédemment, n’ayant pas pu la décider au divorce, ils avaient rédigé le bond pour se délivrer de lui par quelque moyen; maintenant, ne pouvant pas empêcher la réconciliation, ils en vinrent aux dernières extrémités.

Ici posons bien les faits. Nous avons établi, d’après la déposition de Nelson, un des serviteurs du roi1 2 3, celle de Thomas Crawford, et en conformité avec les lettres mêmes de Glasgow’, que la reine était partie d’Ëdimbourg avec l’intention de ramener Darnley à Craigmillar où elle avait fait faire des apprêts; mais que la répugnance du roi pour ce lieu l’avait décidée à y renoncer. Elle fut donc obligée de s’en remettre à d’aulresdu soin de découvrir et d’accommoder une maison qui, sans être dans la ville, fût aussi proche que possible d’Holyrood, et en même temps bien située pour un homme relevant de maladie. Qui chargea-t-elle de cette recherche? Bothwell, disent ses ennemis. — Mais, et nous allons nous serviê de leurs propres assertions et de leur chronologie pour les convaincre de mensonge, quand le journal de Murray porte que Bothwell, après avoir accompagné la reine jusqu’aux environs de Glasgow le 23 janvier, revint la même nuit à Edimbourg, qu’il employa la journée du 24 « de trèsbonne heure à visiter le logement que l'on disposait pour le roi, et partit le même soir pour le Liddisdale’, » il énonce une impossibilité flagrante. En effet, ayant quitté la reine tard dans la journée du 23 pour regagner d’une traite Edimbourg, à soixante milles de Glasgow, il n’était pas possible matériel-

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