Nous en verrons la preuve plus loin
L'ASSASSINAT DE DARNLEY
baril de poudre, par ordre de son maître, dans la maison du prévôt de Kirk-of-Field. Morton lui-même, au moment de subir la mort, raconta que l’on avait creusé des mines sous les pierres angulaires de la maison'. Ceci se passa en dehors de Bothwell qui ne fut mis au courant d’une partie seulement des vraies combinaisons, que l’avant-veille de l’assassinat*.
Pendant ces préparatifs, le roi et la reine achevaient paisiblement leur voyage. Ils rencontrèrent, aux limites du Lothian, Bothwell, shérifl" du comté. Celui-ci ne faisait que s’acquitter de ses devoirs d’officier royal. Mais le journal de Murray ne manque pas de le dénoncer; « 30 janvier, — la reine amena le roi à Edimbourg et le plaça dans la maison où il finit sa vie. Bothwell, d’après leurs conventions, alla au-devant d’elle sur le chemin. » Suivant la coutume, la noblesse du comté rallia le cortège, beau texte oratoire pour l’auteur de YActio : « la reine étalant sa gloire en grande pompe, célébrait son triomphe sur ce jeune prince, accablé de toutes sortes d’injures, torturé par le poison, enlacé dans les trahisons, traîné à l’exécution*. »
Le retour eut lieu le 30 ou le 31 janvier. On prit directement le chemin de Kirk-of-Field; et d’abord, si nous en croyons Thomas Nelson, le chemin de la maison du duc de Châtelleraut. Mais la reine, dit-il, indiqua du geste l’autre maison. Celle-ci, continue Nelson, était garnie de tentures, et l’on y avait dressé un lit neuf de velours noir brodé. La reine ordonna de l’enlever, disant que les bains le tacheraient, et le remplaça par un vieux lit pourpre qu’on avait coutume d'emporter en voyage. Déjà, nous avons eu lieu de nommer ce témoin qui excite l’intérêt, parce qu’il survécut seul à la
1. Miss Strickland, t. V, p. 134, d’après une Lettre de Drury d Céeil', Berwick, 28 février 1567. — Voy. Tyller, I. V, p. 516, édit. 1845. — Goodall, t. I, p. 146-7.