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CHAPITRE SEPTIEME

De leurs dons les plus beaux cette princesse ornèrent Et, pour la mieux servir, les cieux abandonnèrent.

Quand votre belle taille et votre beau corsage Qui ressemble au pourtrait d'une céleste image; Quand vos sages propos, quand votre douce voix, Qui pourrait émouvoir les rochers et les bois, etc.

une Reine si belle.

Belle en perfection, etc.

Et du Bellay :

Contentez-vous, mes yeux.

Vous ne verrez jamais chose si belle.

« La blancheur de son visage , dit Brantôme , qui l'avait vue fort souvent, contendait avec la blancheur de son voile à qui l'emporterait... » Et ailleurs : « La neige de son blanc visage effaçait la blancheur de son voile » . « Dès lors qu'elle fut veuve , je ne l'ai jamais vue changer en un (teint) plus coloré, tant que j'ai eu cet honneur de la voir en France et en Ecosse'. » Ronsard, de son côté, célébrait la beauté de son « front d'albâtre » et « l'ivoire blanc » qui enflait « son sein » .

Michel de l'Hospital la proclamait, en vers latins, la plus belle personne de son temps et la plus accomplie de tout point» Castelnau de Mauvissière , ambassadeur de France en Ecosse , écrivait qu'elle était douée « de grâces et de plus grandes perfections de beauté que princesse de son temps » . « Sa divine beauté valait un royaume » , au dire de Brantôme, et Charles IX, beau-frère de Marie, disait que « c'était la plus belle princesse qui naquit jamais au monde * » .

* Dames illustres.

2 u Inter omnes sua; setatis reginas, dit Blackwood, admirabili atque incomparablli corporis pulcbritudine prsedita, etc. » (Jebb, t. II.) Causeries d'un curieux, par M. Feuillet de Gonches, t. IV.

132 MARIE STUAUT.

Qui ne connaît les vers pleins de grâce et de mélancolie dans lesquels Ronsard déplore le départ de la belle reine pour l'Ecosse, et trace d'elle cet élégant portrait en pied!

Un crêpe long, subtil et délié,

Pli contre pli, retors et replié,

Habit de deuil , vous sert de couverture

Depuis le chef jusques à la ceinture,

Qui s'enfle ainsi qu'un voile, quand le vent

Souffle la barque et la single en avant.

De tel liabit vous étiez accoutrée,

Partant, bel as ! de la belle contrée

Dont aviez eu le sceptre dans la main ,

Lorsque pensive, et baignant votre sein

Du beau cristal de vos larmes roulées,

Triste, marchiez par les longues allées

Du grand jardin de ce royal château

Qui prend son nom de la l)eauté d'une eau *.

Parmi les plus beaux portraits qui restent de Marie Stuart, on peut citer en première ligne celui de Porbus , transporté à Saint-Pétersbourg en 1793; les deux dessins au crayon de couleur qui appartiennent à la bibliothèque Sainte-Geneviève, et qui paraissent être, comme nous l'avons dit, des copies de deux portraits originaux de la reine par Clouet, lesquels ont disparu; un magnifique portrait en pied, appartenant.au comte de Morton, à Dalmahoy, qu'Horace Walpole, excellent juge en matière de beaux-arts, considérait avec raison comme le meilleur et le plus authentique de tous les portraits de la belle reine '. Enfin nous citerons le portrait sur bois ayant appartenu au prince Labanoff , qu'il attribuait au célèbre Glouet, dit Janet, et dont il a fait exécuter par Pannier une excellente

* Fonlainebleau.

2 II a été gravé et figure en tête de l'histoire de cette princesse, par Ghalniers.

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reproduction par la gravure sur acier '. Marie Stuart y est représentée à l'âge de trente-huit ans. A l'aide de ce dernier portrait et du masque de la statue de Westminster, que Jacques VI fit probablement exécuter d'après le portrait qui appartient aujourd'hui au comte de Moiton *, et que Ion attribue à Jean de Court, serviteur de Marie, ou au peintre flamand Lucas de Heere , on peut se faire une idée assez exacte de la figure de la reine d'Ecosse vers la fin de sa vie.

* Consulter, pour plus de détails, la Notice sur la collection des portraits de Marie Stuart, appartenant au prince Labanoff. Saint-Pétersbourg, 1858, in-S", et la deuxième édition de ce même ouvrage, Saint-Pétersbourg, 1860, grand in-S».

2 11 a été gravé à Londres, en 1818, par R. Cooper : c'est celui qui figure en tête de l'Histoire de Marie Stuart, par Ghalmers. Quant à la tête de la statue de Marie à Westminster, M. Hosack en a donné une photographie dans son premier volume.

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