‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 117 sur 226 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

taires, poursuivit-elle, s'ils m^ont accusée, c'est pour s'excuser eux-mêmes. Je n'ai jamais entendu parler des six meurtriers dont vous faites mention '. Pour le reste dçs lettres, cela ne fait rien à l'af&ire Mes secrétaires, ayant agi en contradiction avec leur devoir et l'allégeance qu'ils ont jurée entre mes mains, ne méritent aucun crédit. Gomment croire des gens qui se sont parjurés, alors qu'ils feraient les plus grands serments et les plus grandes protestations du monde? D'ailleurs, mes secrétaires, devant le tribunal de leur conscience, ne se trouvent point liés envers vous, puisque, d'avance, ils m'ont engagé leur foi et juré le secret, et qu'ils ne sont point sujets anglais. Nau a maintes fois écrit en d'autres termes que ceux que je lui ai dictés, et Gurle écrivait tout ce que Nau lui faisait écrire. Pour moi , je consens à porter en tout et pour tout la responsabilité de leurs fiautes , excepté en ce qui peut porter atteinte à mon honneur. Peut-être aussi n'ont-ils confessé ces choses que pour sauver leur vie , dans la pensée que leur confession ne pouvait nuire à une femme, qu'ils croyaient devoir être plus favorablement traitée en sa qualité de reine ' . La reine , votre maltresse , n'a-t-elle pas été injustement accusée de complicité dans la révolte de Wyatt? Je ne suis pas plus coupable envers elle qu'elle ne le fut envers la reine Marie sa sœur '. — Quant à Ghartley, je n'ai point entendu parler de cette entreprise d'y mettre le feu, mais on m'avait promis de me délivrer. Si les princes étrangers font quelque assemblée de gens d'armes, c'est pour me tirer d'une prison d'où je ne puis sortir sans eux ; c'est pour me recevoir, me défendre et me conduire hors

cernent le« pratiques contre Sa Majesté la reine n*aTaient jamais été écrits par elle , et qu'elle n*en avait jamais eu la moindra connaissance. ■ Ellis , 1. 1, p. 13.

^ On remarquera qu*il 8*agit des passages de la lettre de Marie à Babington interpolés par Phelipps.

' HowBLL*8 State Trials f t. I.

^ Ibidem,

fkô MARIE STUART.

de ce royaume. Et quant aux catholiques, s^ils se sont offerts de me prêter aide et assistance en cette af&ire , c'est pour leurs intérêts, étant si méchamment traités, vexés et affligés en ce royaume, qu'ils sont tombés en désespoir et qu'ils aiment autant mourir que de vivre plus longuement dans la persécution où ils sont. Mais je ne sais quels sont leurs desseins. On n'avance rien de les affliger, non plus que moi-même. Je ne suis qu'une pauvre femme, et, quand je serai morte, ni les catholiques, ni les princes étrangers ne cesseront de se mettre en armes, si ron ne cesse de persécuter les chrétiens fidèles à l'Église. Quant à prendre la place de votre reine , les lettres que vous avez lues dans cette assemblée me justifient assez de cette accusation ; elles sont plutôt de nature à me servir (si vous le voulez avouer) , puisque j'y déclare expressément que je ne désire ni honneurs, ni royaume , ni que l'on tente quoi que ce soit en ma faveur, que je ne m'en soucie point, et que je conseille que l'on ne s'occupe, avant tout, que des catholiques et de la querelle de Dieu. Vous ne prenez pas garde que ce que vous me reprochez est ma justification et la preuve du contraire de ce que vous prétendez mettre en évidence , comme vous Tavez vu par ces lettres. Et il me semble que vous vous trompez bien fort dans vos accusations, car, si j'ai voulu céder mes droits à la couronne d'Angleterre au roi d'Espagne , il est trop évident que je ne les poursuis pas pour moi-même et que je ne prétends pas me mettre au lieu et place de votre reine. Enfin, vous trouverez que je n'ai eu d'autre dessein que d'assurer ma délivrance, celle des catholiques affligés et celle de l'Église , pour laquelle je suis prête à répandre mon sang, comme je l'ai dit maintes fois. Je m'estimerais bien heureuse si Dieu me faisait la grâce de souffrir la mort pour son saint nom et la défense de sa querelle'. Je ne puis empêcher mes amis de m'adresser telles

1 Journal inédit de Bourgoing,

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