CHAPITRE PREMIER
Parry fit valoir les services occultes qu'il avait rendus à Wal* singham. Le misérable, condamné à la peine des régicides, fiit éventré vivant. Elisabeth, saisie d'une profonde terreur, demanda l'extradition de Morgan, mais Henri III se contenta de le faàre enfermer à la Bastille.
Tandis que la Ligue se formait en France pour exclure du trône le roi de Navarre et que Philippe II se montrait de plus en plus le zélé défenseur du catholicisme, Elisabeth secondait de tous ses efforts le protestantisme en Europe. Elle s'alliait avec les Pays-Bas, elle donnait la main à Henri de Navarre et renver<^it en Ecosse le gouvernement d'Arran par la ligue des comtes de Marr, d'Ângus et d'Âbroath, pour y rétablir le culte presbytérien. Cette révolution amena un traité d'alliance offensive et défensive entre Jacques YI et Elisabeth afin de repousser toute invasion de l'Angleterre et de l'Ecosse. Pendant ce temps-là, Marie Stuart avait été soumise à une surveillance de plus en plus rigoureuse.
Hommes nouveaux et compromis sans retour, Burghley et Walsingham en vinrent à considérer l'existence de la reine des catholiques comme incompatible avec celle de la reine des protestants, comme une menace incessante pour leur gouvernement, pour leurs personnes et pour la Réforme. « On délibéra, dit Melvil, de faire mourir la reine d'Ecosse. Tantôt on songeait à lui donner quelque poison à l'italienne, tantôt à l'égorger à la chasse dans un parc ; on se décida à recourir à une assise pour la convaincre. » Dans ce dessein, Walsingham s'attacha à l'impliquer par d'infernales manœuvres dans une nouvelle conspiration, pour &ire naftre un prétexte plausible de la mettre à mort.