CHAPITRE TREIZIÈME
emportement le JBanatîque geôlier; il est question de meurtre, de rébellion et d'invasion, et, étant coupable, vous ne devez ni ne pouvez nier..., et ni vous^ ni la plus grande partie du royaume n^en pourrait être excusée, ni même tous les catholiques ensemble s'ils y avaient consenti. Je juge «qu'ils seraient tous dignes de punition.
— Ce n'est pas pour autre chose que pour ma religion , répliqua Marie avec force; mais il feutbien trouver « quelque « autre couverture et occasion pour me mener au point oii je « vois bien que mes ennemis m'ont conduite. Je n'en fais pas « pire chère, et qu^ils ne m'épargnent pas. »
— 11 ne s'agit pas de religion, reprit Paulet avec insistance, et personne n'a encore été puni pour sa religion. Quant à moi , poursuivit-il , je ne sais rien de ce que les seigneurs ont fait, mais ils ont trouvé le fait si clair, si évident, qu'ils ont, dit-on, donné sentence, mais je ne le sais pas. Quelques-uns sont d'opinion qu'ils l'ont fait, « mais je n'en ai rien d'assuré et « n'en sais rien que par ouï-dire. »
Et le vieux puritain, sans se lasser, dit Bourgoing, « remettait toujours la reine à confession » •
« J'ai bien compris, lui répondit Marie, où ont voulu me conduire les commissaires, lorsqu'ils sont venus m'interroger à Fotheringay. Ce qu'ils ont &it ici n'est que pour observer quelques formalités, pour &ire croire à la vraisemblance des fiaits, « afin de parvenir à leurs prétentions, auxquelles je ne « suis tenue d'acquiescer ni de me soumettre. Je ne fais compte « de ce qu'ils ont fait non plus que de rien. Il est bien aisé aux A brigands et larrons, là où ils se trouvent les plus forts, d'ef' « forcer les passants et ceux qui suivent leur chemin. Mes enne- « mis me tenant en prison , il leur est fort aisé de m'affliger « et de me faire mourir, de disposer de moi à leur plaisir et « volonté, ayant la force pour eux, et moi étant toute seule, « faible et délaissée. » Mon plus grand désir est que chacun sache comment on a traité et comme on traite mes affaires.
— Vous êtes bien marrie (peînée) que chacun le sache , lui répliqua Paulet d^un ton ironique ; une telle entreprise n^est à celer ni à taire , mais il n'a été donné aucune sentence ni jugement avant la venue des seigneurs.
— Je ne demande pas autre chose , lui répondit Marie avec fermeté, a6n que tous les princes chrétiens et les étrangers puissent être témoins et juges de tout ce qu'on m'a feit, non à cause de moi , mais à la confusion de tous mes ennemis et de ceux de TÉglise. On n'a cessé de tourmenter les pauvres catholiques, avec un acharnement inouï, sous prétexte qu'ils étaient traîtres, parce qu'ils ne voulaient pas reconnaître pour chei suprême de l'ÉgUse la reine d'Angleterre. Quant à moi, comme je l'ai dit en pleine assemblée , je ne reconnais d'autre chet de l'Église que le pape, auquel est commis son règlement, &u consentement de toute l'Église catholique dûment assemblée^ •
1 Ces paroles dç la reine soulevèrent une vive discussion. Le vieux purttaiA soutint que la reine d*An£|Ieterre ne prenait point ce titre de chef de l 'J^*^ et il ajouta : ■ A Dieu ne plaise qu'il y ait d'autre chef suprême de t^^SW"^ que Jésu8*Cbrist. Quant à moi, je n*en reconnais point d'autre.
-^ C'est le point seul sur lequel l'exclusion des catholiques a été f oo^^» lui répliqua Marie. La chose est si vraie, qu'à l'exemple du rui Henri ▼ ''m ce titre a été donné k votre maîtresse. Vous pouvez penser que les calvi<**^^ qui sont les plus réformés, n'approuvent pas cela; mais ceux qui sui^^**^ religion de la reine, qui sont les luthériens et inventeurs d'icelle, tien^^'^ -coupables de haute trahison et de lèse-majesté tous ceux qui estin»^»' " contraire, et non-seulement on a ji^é coupables ceux qui ne la reconn^"^^ telle ou qui la désavouent par paroles et de fait, mais encore ils o^^ ^ forcés de dire ce qu'ils en pensaient en leur conscience, et, sur leurs rêp^^*\^ (ils ont été) condamnés k mort, et si la reine ne veut accepter ce ci^T^f J sais bien qu'on le lui donne et que celui-là est coupable qui ne le fait p^ g
Paulet soutint de nouveau que la reine Elisabeth ne pouvait porter ^^ titre, et qu'il n'était pas possible qu'on le lui donnât. Mais il déclara q^ ^/ puritains et autres protestants du royaume « la tenaient pour chef et gony^ neur, au-dessous de Dieu, des choses ecclésiastiques, comme il était, disaÎL^^ raison qu'elle fut, mais non pas suprême chef de l'Église, et qu'il n'y ^^ que Jésus-Christ.
— C'est tout un », lui répondit la reine, • quelque couleur que vous doii<^
niez à la chose. » Journal inédit de Bourgoing*