CHAPITRE XXL
lecture du warrant. derniers moments de marie stuart.
l'exécution.
Le 3 février, Beale, clerc du Conseil, beau-frère de Walsingham, s'était rendu par ordre à Greenwich, où se trouvait la cour * . Là on lui remit le warrant , avec mission de convoquer dans le plus bref délai les comtes de Kent et de Shrewsbury ', chargés Tun et l'autre de faire exécuter la sentence. Sans perdre une minute « il courut à Londres à franc étrier, pour y prendre Texécuteur de la Tour, qui , à cette occasion , avait reçu un costume de velours noir, et, bravant toute pudeur, il l'emmena avec lui dans sa voiture'. Après s'être acquitté de son message auprès du comte de Kent, Beale arriva à Fotheringay le dimanche soir 5 février; il mit la commission sous les yeux de Paulet et de Drury, et, le lendemain, il se hâta de la communiquer au comte de Shrewsbury, qui se trouvait dans un château des environs '.
' Le Yray Rapport de ^exécution de la reine d*Écosse, dans Teulet, t. IV,
^ En sa qaalité de grand maréchal d'Angleterre, le comte de Shrewsbury devait présider à Texécution. Pour échapper à cette cruelle nécessité, il avait offert de se démettre de sa charge en faveur de Burghley ; mais Elisabeth, pour le punir des sentiments de pitié qu*il avait laissé percer pour la reine d'Ecosse, avait refusé sa démission. (Histoire de Marie Stuart, par Jules Gauthier, t. II; Miss Strickland, t. VU.) Shrewsbury avait été préposé pendant seize ans à la garde de Marie Stuart.
^ Lettre de Chàteauncuf à Henri III, du 27 février 1587 (n. s.); Teulet, t. LV, p. 170.
* Renie, le même jour, revint à Fotherinf»ay dîner chez sir Amyas, en
Le mardi 7 février (17 n. s.), le comte de Kent et le shériff de Northampton, bientôt suivis du comte de Shrewsbury» arrivèrent au château. Depuis trois jours, ce va-et-vient d*étrangers au front soucieux , leurs conférences mystérieuses avec Paulet, avaient rempli d'inquiétude et d'angoisses les serviteurs de la reine. Â la vue du grand maréchal qui , après avoir été pendant seize ans le gardien de leur mattresse , venait maintenant présider à son supplice , ils furent saisis d^épouvante et de douleur * .
Le même jour, vers les deux heures de l'après-midi, les deux comtes demandèrent à parler à la reine. Elle leur fit dire qu'elle était indisposée et au lit, mais que, si Tadiaire était urgente , elle se lèverait pour les recevoir. Sur leur réponse que cette affaire ne pouvait souffrir aucun délai , elle prit en toute hâte une robe de chambre , et les deux comtes, suivis de Beale , de Paulet et de Drury, furent introduits auprès d'elle. Elle était assise dans un fauteuil , au pied de son lit, devant une petite table à ouvrage. Autour d'elle étaient son médecin, ses femmes et ses serviteurs. Les comtes s'étant avances, la tète découverte , elle les reçut avec une dignité calme et la grâce qui lui était naturelle. Shrewsbury lui annonça qu'Elisabeth, sa royale maîtresse , avait retardé , autant qu'elle l'avait pu , l'exécution de la sentence, mais qu'assaillie de toutes parts,
compafrnie de plusifîurg personnes convoquées pour ]*exécution, entre autres ]e doyen de Péterborou;;!!, le docteur Fletchcr.
^ Journal inédit de Bourgoing, et la Mort de la royne d'Ecosse, dan» J^bb, t. II. L'auteur anonyme de cette dernière Relation tenait la plupart ^^ détails qu'il donne de la bouche même de Bourgoing. Il cite même, presque textuellement^ plusieurs passages de son Journal.
^ous avons trouvé entre les mains d'un très-érudit bibliophile, M. £nie3t Gouin, libraire, une Relation manuscrite et inédite, du seizième siè<?J<!9 ^^ Texécution de Marie Stuart. Elle est intitulée : Les Derniers Propos tent^T^' la royne d'Escosse, depuis quelle fui admonestée à la mort jusques à V ^f^^ d^icelle. Cette Relation n'est pas d'un témoin oculaire et paraît avo**" ^^ composée à distance, peut-être à Paris, pour y être distribuée imprimé^*