‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 34 sur 226 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

puissent y en chemin, communiquer avec personne, en ayant soin de les faire garder constamment à vue. Dès que la reine d*Eeosse aura quitte Gbartley, vous fouillerez tous les papiers qui seront soit dans son propre logis, soit chez ses serviteurs, en ayant bien soin de visiter les lieux les plus secrets . . . Vous emploierez à cet effet, outre notre serviteur Waad, deux gentilshommes honorables dfi ce comté, et nous vous proposons John Manners Vaine et sir Walter Aston, avec défense expresse de leur feire savoir quoi que ce soit, jusqu'à ce que ladite reine soit éloignée... Ne négligez pas de Ëiire le guet avec de bons soldats autour de la maison où elle sera enfermée. S'il est besoin, pour renforcer votre troupe, de faire appel aux gentilshommes du voisinage , usez-en à votre discrétion , et , par nos lettres ci-jointes, nous vous donnons pleins pouvoirs de les requérir. Gomme notre intention n'est pas qu'elle garde une suite aussi nombreuse qu'elle l'a eue jusqu'à présent, nous trouvons bon que vous choisissiez , dans son entourage , ce qui sera absolument nécessaire soit en hommes, soit en femmes. Quant à ceux de la suite qui ne devront pas l'accompagner, ils resteront à CharCley , de telle façon que personne ne puisse aroir le moindre contact avec eux jusqu'à ce que nous vous fassions connaître notre bon plaisir à leur égard. Pour vous aider, nous avons jugé utile de vous envoyer notre serviteur, Thomas Gorges, qui nous est fidèlement dévoué, et vous en userez envers lui comme il convient à une personne de sa condition. Il ne sait rien de ce qu'il doit faire; nous vous laissons la direction de tout , et nous pensons qu'il devra dire à cette reine ce qui est exprimé dans les lettres que nous vous envoyons ' . »

A ces instructions était jointe la lettre suivante, adressée à Paulet par Elisabeth : a Très-féal , etc. Nous avons récemment

' The Letien-Books of Àmias Poulet, keeper of Mary Queen of Scots^ »lited by Jobn Monnis, p. 252 à 255.

découvert des complots tendant non-seulement à troubler notre État y mais encore à mettre en péril notre personne , et nous avons par là juste motif de mettre en jugement la reine qui vous est confiée , et ses deux secrétaires, associés auxdits complots, Nau et Curie, auxquels cette reine , d'une feçon indigne d\me princesse, et contrairement à toutes les protestations d'amitié qu'elle nous a feites, prétait son concours et assistance. Notre bon plaisir est donc d'abord que vous fassiez arrêter les deux secrétaires, que vous nous enverrez sous bonne et fidèle escorte; que vous conduisiez ladite reine dans un lieu que vous jugerez convenable, et que vous veilliez à ce qu'elle soit bien gardée , avec tels serviteurs de sa suite que vous croirez nécessaires, jusqu'à ce que vous receviez de nouveaux ordres ^ »

Jusqu'à présent , les historiens n'avaient pu nous donner que fort peu de détails sur ce dramatique épisode; c'est Bourgoing qui va nous les faire connaître pour la première fois.

Marie ignorait la découverte du complot ; elle semblait vivre dans la plus complète sécurité. La belle saison et peut-être aussi Tespoir d'une prochaine délivrance avaient un peu raffermi sa santé languissante. Lorsque le farouche puritain, à la garde duquel elle était confiée, daignait le lui permettre, elle

faisait de loin en loin quelques courses à cheval dans les envi-

rons, sous la rigoureuse surveillance de vingt cavaliers armés jusqu'aux dents, qui ne la perdaient jamais de vue. Depuis longtemps des douleurs chroniques de rhumatisme lui interdisaient toute promenade à pied '. Le 11 août(v. s.), elle fit demander à son geôlier, par son secrétaire Curie, la permission d'aller se

* The Letter-Books of Àmias Poulet, etc., p. S55.

3 « Je n*ai pas vu cette reine, écrivait Paulet à WaUingliam, le f^ avril, depuis le départ de Cherelles, ce que j*attribae ou à sa grande correspondance ou à ce qu*elle ne veut pas laisser découvrir qu'elle boite. Elle m'a prié le 21, dans l'après-midi, de me rendre auprès d'elle, et je l'ai trouvée assise sur le côté de son lit, et incapable de se servir de ses pieds. » The Ï^tter-Books of Amias Poulet, etc., p. 1*5.

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