ACTE*!, SCENE VI. i
MORTIMEll.
Mais vous-même, madame, il ne faut plus rien taire. Savez-vous à quel sort nous devons voqs soustraire?
marie.
Quoi! mon arrêt déjà serait-il prononcé?
MORTIMER
Oui; bientôt même ici vous doit être annoncé Cet arrêt qui vous perd et qui nous déshonore.
La reine cependant semble hésiter encore;
Et, reprochant aux lois trop de sévérité,
Montre son artifice et non pas sa bonté.
Je l’ai prévu. Sans doute en un cachot funeste Ils vont de mon destin ensevelir le reste ?
MORT I MER
Ils osent plus encor.
MARIE
Comment...
MORTIMER
Oui, c’en est fait.
MARIE
Le monde pourrait voir un semblable forfait !
A la main des bourreaux ils m’auraient condamnée ! Une tête royale et trois fois couronnée !
MORTIMER
Ah! pnissé-je en douter. . . « V
MARIE. V
Non , ne de croyez pas.
Le parlement a pu prononcer mon trépas ;
Mai» la reine peut seule accomplir la sentence ,
i6 ■ MARIE STUART.
Et d’un tel coup d’état elle sait l’importance. Non , je vois en effet ce qu’on a prétendu :
On veut que^sur ma tête à jamais suspendu Le poids d’un jugement sans cesse me menace, Et de mes partisans épouvante l'audace.
Elisabeth me hait sans doute , et de mes jours Sa secrète fureur voudrait hâter le cours ;
Mais mon sang répandu tacherait sa mémoire :
Et je ne la crains pas; elle aime trop la gloire.
MORTIMER
Ah madame ! .
MARIE
Du moins elle doit redouter Les périls que mon sang lui pourrait susciter.
M O RTIM ER.
Qu’espérez-vous !
MARIE
Quoi donc! doutez-vous que la France
Ne vienne tout entière en demander vengeance ?
MORTIMER
Madame ! épargnons-lui le soin de vous venger. Elle-même m’envoie au-devant du danger ;
Elle-même et Lorraine et le Dieu qui m’inspire, M’ordonnent de sauver une reine martyre.
Je ne suis rien par moi, mais je suis tout par eux. Me dévouer, madame, est tout ce que je veux.
Acceptez les appuis que j’ose vous promettre; "Permettez que nos mains...
Non, je ne puis permettrez