‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 18 sur 77 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

BDRLEIG H.

Non : elle ne peut "vivre.

Non : il faut que la reine ou tombe ou s’en délivre. Et c’est là sa douleur ! et c’est là le tourment Qui d’un doute odieux l’assiège incessamment,

*■ Qui, le jour et la nuit, la poursuit, l’inquiète.

On voit dans tous ses traits sa souffrance secrète. Elle craint de parler , et sa bouche se tait ;

; Mais je lis dans ses yeux , et son regard muet

• Semble dire : Ai-je encore un serviteur fidèle

♦ Qui m’arrache à la peine également cruelle,

Ou de livrer moq peuple à des malheurs nouveaux ^ - Ou de livrer mon sang à la main des bourreaux ?

PAUL ET

A ce soin douloureux nul ne peut là soustraire ;•

Nul n’y peut rien changer.

BURLEIGH. >

Elle croit le contraire, • Si, prompts à découvrir ses secrètes douleurs,

La reine en son royaume avait des serviteurs.... Attentifs....

paulet , a part. *

Attentifs ! * ' î . 1

BURLEIGH

Dont le secret courage^

Sût d’un ordre tacite entendre le langage...

• p AOL BT , à part.

Ciel !

BURLEIGH

. Qui , lorsque le crime à leurs mains est livré.

Ne le gardassent pas comme un trésor sacré. I * paulet.

La gloire de ma«reineet si- belle et si pure ,

Son auguste renom sans tache et sans souillure Est sans doute un trésor qu’on ne peut hasarder ,

. Et que ses serviteurs ne sauraient trop garder. , .

BD1LEIG H. * . • *

Quand la reine en vos mains livra ce ministère ,

On pensait....

PAULET

On pensait, ou du moins je l’espère,

Qtftrt de plus pures mains ne pouvait être mis

Le dépôt que la reine à ma garde a commis.

Laissez-moi croire encor que ma noble maîtresse • \

Compta sur mon honneur, et non sur ma bassesse.

bu rleigh.

Le véritable honneur ne connaît qu’une loi ;

Et cést d’être fidèle à l’état plus qu’à soi.

Aux vulgaires regards ce qui paraît un crime ,

Vu tj’un regard plus haut, souvent est légitime. Paulet , la politique a ses vertus à part.

Du moins von# permettrez , en épargnant Stuart , Que, s’il le faut....

V f PAULET.

Milord ! ma demeure est sacrée.

Jamais un meurtrier n’en touchera l’entrée.

Tant que Stuart ici verra couler ses jours ,

Un meurtrier jamais ne tranchera leur cours.

Vous êtes établis pour prononcer sur elle; Prononcez: obtenez sa sentence mortelle ;

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