ACTE V, SCÈNE 1 II
Pour toi , ton amitié met peu de prix à l’or , jfnna , mon souvenir est ton plus cher trésor ; Prends ce don, ce tissu, ce gage de tendresse Qu’a pour toi de ses mains embelli ta maîtresse ; Doux ouvrage, il a vu mes secrètes douleurs, . . ; Hélas ! et bien souvent je l’ai mouillé de pleurs. Quand il en sera temps , ta main fidèle et chère En couvrira mes yeux : cest un devoir sévère ;
D’un service cruel c’est t’imposer la loi ;
Mais je yeux, mon Anna , le recevoir de toi.
ANNA. '
^ ( à part.)
Madame !.... c’en est trop , et ma constance est vaine.
m a ni E.
Venez tous ; recevez l’adieu de votre reine.
Adieu. Ne pleurez pas. Pour un sort plus heureux Nous nous retrouverons quelque jour dans les cieux: J’en ai l’espoir. Je meurs dans la foi véritable. * Du crime qu’on me fait je ne suis point coupable. Puisse de mes erreurs dieu ne pas me punir !
Melvil! pour m’en absoudre, ah! daignez me bénir. Le ciel aux cheveux blancs donne ce droit suprême. Le pardon d’un vieillard est celui de dieu même.
, Vous, qu il me semble exprès envoyer en ce lieu . Jadis mon serviteur , soyez celui de dieu ;
Devenez son ministre et son saint interprète ;
Et , comme devant moi se courbait votre tête , ' Abaissant devant vous mes yeux humiliés ,
C’est moi qui , maintenant , me prosterne à vos -pies. ( La reine se met à genoux devant Melvil , et font ' le monde s éloigne.