‹ Marie StuartChapitre 17 sur 107 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

timbrée au triple écusson des Valois, des Stuarts et des

Tudors. C'était inutile pour l'honneur qu'elle en retirait ;plus inutile encore pour le pouvoir : ce fut dangereux par les sen-

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timents que ces prétentions firent naître ou développèrent dans le cœur d'une rivale implacable. «Encore qu'elle n'eust ny sceptre ny couronne, dit Brantôme, sa seulle personne et sa divine beauté vallaient un royaume ; mais puisqu'elle estoit reyne.elle apportoit à la France et à son mary double fortune.»

Cette fortune ne fut pas de longue durée. Après le traité de Çateau-Cambrésis (3 avril 1559), Henri II maria sa fille Elisabeth à Philippe II roi d'Espagne, et sa sœur Marguerite à Emmanuel Philibert, duc de Savoie. De brillantes fêtes furent données à cette occasion, et se continuèrent jusqu'au départ des princesses. Il y eut des tournois, et Henri II qui les aimait, y déployait beaucoup de courage, de grâce et d'adresse.

Le 29 juin, après plusieurs passes qui avaient excité l'admiration des spectateurs, la journée semblait terminée lorsque le roi voulut encore rompre une lance contre Montgomméry, le capitaine de ses gardes. Ils se précipitèrent l'un contre l'autre de toute la vitesse de leurs chevaux, et les deux lances furent brisées. Montgomméry ne baissa pas assez rapidement le tronçon resté entre ses mains, et, jeté sur le roi, par l'impétuosité de son élan, il le frappa à la visière du casque, la releva, pénétra dans l'œil et atteignit le cerveau.

Le roi tomba mortellement blessé. Onze jours après il expirait, laissant la couronne à François II.

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